Comment jeter vos masques usagés ? Ces idées reçues à balayer

Cinq questions pour savoir comment jeter vos masques.

On le met sur sa bouche, sur son nez, et puis après, on le met où ? Depuis la rentrée, les écoliers, les étudiants et les salariés doivent porter un masque toute la journée. Omniprésents dans nos vies, les masques le sont aussi dans nos poubelles et sur la voie publique. En particulier les masques chirurgicaux, qu’il est recommandé de changer toutes les quatre heures. Des masques jetables, à ne toutefois pas abandonner n’importe comment. Face aux idées reçues, CFJ News répond à cinq questions sur la meilleure façon de jeter son masque.

  1. Recyclage : peut-on jeter son masque dans les poubelles jaunes ? 

Non, les masques jetables ne doivent pas être placés dans les poubelles de recyclage mais dans celles dédiées aux ordures ménagères. Bien qu’ils soient majoritairement constitués de polypropylène, un des types de plastique les plus utilisés et recyclable, les masques ne peuvent pas être recyclés de la même manière que nos emballages. Ils sont considérés comme des déchets de soin à risque infectieux. Les collecter et les manier en centre de recyclage traditionnel pourrait présenter un risque pour le personnel. Les masques chirurgicaux doivent donc être jetés avec les ordures ménagères et finiront incinérés ou placés en décharge.

Plusieurs entreprises se sont lancées sur le pari du recyclage des masques. Mais ces initiatives sont encore balbutiantes. Comme chez Plaxtil, projet de recyclage circulaire des masques, qui se développe depuis le début de l’été sur la commune de Châtellerault (86). Le principe : récolter les masques usagers d’une entreprise, les décontaminer sous UV, les broyer et fondre le plastique dans un moule pour livrer des objets en plastique pratiques à l’entreprise. « On prend leur masques et on construit un projet avec eux en voyant de quelle pièce en plastique ils ont besoin », explique Séverine Moteau, la responsable administrative de l’équipe.

  1. Contagion : comment jeter son masque en minimisant les risques pour la santé ? 

Plusieurs consignes ont été données par le Ministère de la Transition écologique et solidaire. Les masques usagés, ainsi que les gants et lingettes désinfectantes, « doivent être jetés dans un sac poubelle dédié, résistant et disposant d’un système de fermeture fonctionnel », peut-on lire sur les documents officiels du ministère. Deuxième étape, une fois le sac rempli, il faut le maintenir fermé pendant 24 heures. Une fois ce délai passé, le sac doit être déposé dans une poubelle à ordures ménagères.

Dans les entreprises, écoles et institutions, aucune disposition spéciale n’a encore été prise. Il est simplement recommandé de jeter les déchets potentiellement souillés dans un « double sac poubelle », au sein d’une poubelle réservée aux masques, fermée et à ouverture non-manuelle.

  1. Environnement : quels risques représente un masque jeté dans la nature ? 

Les masques chirurgicaux ne sont pas biodégradables et présentent un risque pour la faune. Si le nombre exact n’est pas vérifiable, Jean-François Gérard, enseignant spécialiste des matériaux polymères de l’université de Lyon, confirmait dans 20 Minutes en mai, que la dégradation d’un masque prenait au moins plusieurs siècles, voire plus de 450 ans.

Depuis le début de l’épidémie, les réseaux sociaux regorgent de photos de masques abandonnés sur la voie publique, dans les calanques marseillaises, ou encore en forêt. Une catastrophe pour nos paysages, mais aussi pour la faune qui l’habite. Chez nos voisins britanniques un goéland en juillet a été sauvé in extremis, alors qu’il s’était enroulé un élastique de masque autour des pattes. « Emmêlement invalidant, blessure, section des membres, étranglement, ingestion, pollution du milieu naturel » : une liste des dangers dressés par Yann Libessart, responsable du la communication de la Ligue pour la protection des oiseaux. L’association de protection des animaux 30 Millions d’amis a depuis lancé un appel pour la protection de la faune. Un message clair : « Jetons nos masques usagers… dans une poubelle ! »

  1. Réglementation : qu’encourt-on en jetant son masque sur la voie publique ? 

Une amende de 68 euros, selon la législation déjà en vigueur, peut être requise. Dimanche 6 septembre, la secrétaire d’Etat à la Transition écologique, Brune Poirson a annoncé un projet de décret pour faire passer cette amende à 135 euros. Une amende plus conséquente qui pourrait monter jusqu’à 750 euros si la police établit un procès-verbal et le transmet au tribunal. « Il faut que chacun comprenne que tout déchet jeté par terre finit souvent sa route dans l’océan », a rappelé Brune Poirson à l’AFP.

  1. Masques réutilisables : et eux, comment les jeter ? 

Il faut prendre les mêmes précautions lorsqu’on jette un masque grand public en tissu. Dans un communiqué publié le 7 septembre, l’Académie nationale de médecine rappelle que « doivent être préférés aux masques jetables pour d’évidentes raisons économiques et écologiques ». L’institution précise que les masques en tissus ne doivent être jetés quand leurs maillages ou leurs brides sont altérés.