Grèce : un incendie ravage le camp de réfugiés de l’île de Lesbos

Le gouvernement grec a déclaré l'état d’urgence sur l’île de Lesbos, où une opération de sauvetage massive est en cours.

 

« Une catastrophe humanitaire », selon Berlin. Un énorme incendie ravage le plus grand camp de réfugiés en Grèce depuis ce mercredi matin, laissant des milliers de migrants sans-abri. L’Union européenne a promis de venir en aide aux sinistrés du camp Moria, sur l’île de Lesbos. L’Allemagne demande aux pays européens de prendre en charge les réfugiés du camp, désormais sans logement.

Les pompiers sur place ont estimé que 99% du camp est parti en flammes, dont des milliers de tentes, des conteneurs, des bureaux de l’administration et une clinique. De vents forts ont entraîné la propagation rapide et dévastatrice du feu. Une opération de sauvetage d’envergure est en cours depuis ce mercredi matin, ont-ils rapporté aux médias locaux, précisant qu’il n’avait pas eu de blessés.

 

Le ministre grecque des Migrations Notis Mitarachi a indiqué que les feux ont démarré suite aux protestations des demandeurs d’asiles. Des migrants se seraient rebellés contre les mesures d’isolation destinées à empêcher la propagation du coronavirus, dans ce camp insalubre et surpeuplé où s’entassent plus de 12 000 migrants. Les tentes ont été « délibérément incendiées », assure aussi un responsable local à l’AFP.

Des restrictions de circulation pour contenir le virus sont en place depuis la mi-mars et n’ont jamais été levées, malgré le déconfinement du pays mi-mai. Des mesures « discriminatoires », selon des ONGs de défense de droits humains.

« Prêts à aider »

La Commission européenne va prendre en charge 400 enfants et adolescents se trouvant dans le camp, a promis la Commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a assuré dans un tweet que les États membres se tiennent « prêts à aider ». « Notre priorité est la sécurité de ceux qui se retrouvent sans abri », a‑t-elle ajouté.

« La France est prête à prendre sa part », a annoncé le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, Un peu plus tôt dans la journée, le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas s’est aussi positionné en faveur d’une aide pour la Grève, sans plus de précisions concernant la nature du soutien que l’Union européenne pourrait apporter.

Des ONG alertent sur les conditions insalubres et le surpeuplement du camp depuis des années. Les migrants s’entassent dans ces campements, avec l’espoir d’un jour rejoindre l’Europe. Régulièrement, les associations demandent au gouvernement grec de transférer les demandeurs d’asile vers le continent, décriant le manque d’hygiène. La semaine dernière, les autorités ont détecté un premier cas de coronavirus dans le camp de Moria et ont mis le camp en quarantaine pour quinze jours.