La Covid-19 fait exploser les ventes d’urinoirs féminins portables

Face aux publications scientifiques observant que les toilettes peuvent favoriser la transmission de la Covid-19, l'urinoir portable est devenu le nouvel objet fétiche de certaines femmes. 

Comment expliquer cet engouement ? Depuis le début du confinement, le secteur des urinoirs portables pour les femmes constate une hausse vertigineuse des demandes, comme l’affirment notamment les marques The Pee Pocket et The Tinkle. L’entreprise britannique Shewee assure même en vendre huit fois plus qu’avant cette période.

Le coronavirus pourrait bien avoir un lien avec cet emballement. Plusieurs études récentes ont rapporté que les toilettes publiques pouvaient favoriser la transmission de la Covid-19. En juin dernier, une recherche parue dans le journal Physics of Fluids affirmait par exemple que lorsque la chasse d’eau est tirée, des micro-gouttelettes contenant le virus peuvent persister dans l’air et être inhalées par la personne suivante. A cela s’ajoute de nombreuses fermetures de toilettes publiques et, quand elles sont accessibles, l’inquiétude d’aller uriner dans ces espaces clos, loin d’être toujours bien nettoyés. Pour y pallier, s’esquisse donc la solution de l’urinoir portable que saluent médecins et utilisatrices. 

« Fini le pipi sur les chaussures »

Au-delà de l’aspect hygiénique de ne pas avoir à s’asseoir sur les cuvettes, les utilisatrices des urinoirs portables soulignent son côté pratique. Depuis quatre ans, Coralie utilise le sien principalement l’été, quand elle n’a pas d’autres choix que d’uriner dans la nature. « Avant, c’était la mission. Il fallait que je trouve un coin discret et que j’urine entre deux voitures. Maintenant, j’ai juste à me mettre discrètement derrière un buisson ». La chargée de recrutement de 26 ans ajoute : « C’est grave pratique et intuitif. Puis surtout, on garde son intimité ! ».  En effet, pas besoin de se dénuder pour utiliser le dispositif, il suffit juste d’ouvrir la braguette de son pantalon et de l’installer. 

Pour Mélanie, 34 ans, « c’est un rêve de petite fille de faire pipi debout». Elle utilise son urinoir portable depuis cinq ans, «tout le temps à l’extérieur. Pendant les pique-niques, les promenades, les randonnées et même dans les cafés trop bondés ». « Fini le pipi sur les chaussures », scande cette mère d’une fille de 12 ans, elle aussi adapte de l’outil. L’urinoir portable permet de donner une direction fixe au jet d’urine. « Le cône forme généralement un angle de 10–15 degrés qui permet de diriger le jet vers l’avant », explique le Dr. Adrien Vidart, chirurgien urologue à l’Hôpital Foch de Suresnes (92). « A l’adolescence, la vulve s’horizontalise et le bassin se tourne de quelques degrés vers l’arrière. Le jet d’urine se fait alors vers l’arrière ou entre les jambes, et non vers l’avant, comme chez l’homme qui a un urètre plus long »

Uriner souvent pour éviter les infections

La position debout pour uriner n’est pas dangereuse. Le Dr. Adrien Vidart la conseille même ‑tout comme celle assise‑, plutôt que celle intermédiaire.  Soit « c’est celle qu’utilisent les femmes dans les toilettes publiques. Sac à la main, culotte sur les genoux, elles font attention à ne rien toucher et sont très stressées.»  «Il y a alors une contraction abdominale et périnéale qui peut causer un trouble de la miction, explique le spécialiste. La vessie peut par exemple être mal vidée, la femme ne se sent pas soulagée et cela peut entraîner des fuites urinaires ou des infections ». Il conseille d’aller aux toilettes six à sept fois par jour, soit toutes les 3–4 heures, et de boire deux litres d’eau pour éviter ces infections urinaires. Un rythme qui peut être facilité par l’urinoir portable. « Ce type de matériel peut permettre d’aller plus souvent aux toilettes, lorsqu’elles ne sont pas facilement accessibles »