Auchan, Airbus, Nokia : ces plans sociaux redoutés de la rentrée

La direction d'Auchan a décidé ce mercredi la suppression de 1 475 postes. Un annonce qui s'ajoute aux nombreux plans sociaux qui découlent de la crise de la Covid-19.

 

La rentrée 2020 s’annonce difficile pour l’économie française. Dernière compagnie en date, le distributeur Auchan a présenté ce mercredi matin un plan de suppression de 1 475 postes, pour « adapter […] son organisation aux nouvelles attentes des consommateurs et des citoyens ». « Le métier d’hôte et d’hôtesse de caisse n’est pas concerné par des suppressions d’emploi », précise la direction, à l’inverse des « des accueils SAV en hypermarché » qui seront supprimés.

La crise de la Covid-19 semble précipiter la transformation numérique des entreprises, soucieuses de respecter davantage de distanciation sociale et favoriser le télétravail. Mais l’arrêt de l’activité durant le confinement et la récession de plus de 17% de l’économie française au deuxième trimestre a aussi profondément fragilisé les entreprises.

Le secteur aéronautique très concerné

Parmi les industries particulièrement touchées par les plans sociaux en cette rentrée, le secteur de l’aéronautique. Une vingtaine de plans de sauvegarde de l’emploi (PSE), avec plusieurs milliers de postes en jeu, sont par exemple en cours en Haute-Garonne.

« À ce jour, début septembre, nous sommes en train d’instruire en Occitanie 27 PSE, des plans sociaux, et 20 concernent spécifiquement le département de la Haute-Garonne », qui accueille le siège mondial d’Airbus et de nombreux sous-traitants, a indiqué vendredi à l’AFP le responsable de la Direction régionale des entreprises (Direccte) Christophe Lerouge.

À Toulouse, les négociations ont repris chez Airbus entre la direction et les syndicats pour envisager les modalités du plan social qui prévoit 3 500 suppressions de postes, a révélé France Bleu ce lundi. Il existe la possibilité pour les salariés de partir en préretraite. « On est quasiment à 1 500 volontaires » explique Jean-François Knepper, du syndicat FO, à nos confrères de France Bleu. Le syndicaliste y voit un signe fort que « les salariés sont prêts à s’engager pour sauver l’emploi de leurs collègues ».

De son côté, la direction de Groupe ADP (Aéroports de Paris) envisage de supprimer jusqu’à 700 postes sous la forme de départs volontaires face au choc de la pandémie de Covid-19 sur son activité, a indiqué le syndicat Unsa Sapap ADP début septembre.

715 000 destructions d’emplois au premier semestre

Frappé par la crise, le constructeur de bateaux Beneteau a annoncé mardi qu’il pourrait supprimer jusqu’à 1 390 emplois dans le monde, soit un sixième de ses effectifs. Deux sites sur dix sont menacés en France. General Electric prévoit lui de tailler dans ses effectifs français en supprimant 764 postes, et l’entreprise finlandaise Nokia prévoit un plan social concernant 1 233 emplois, soit un tiers de ses salariés. Fin juillet, Bercy a demandé à l’entreprise finlandaise de revoir son plan social à la baisse.

Après un niveau record de 715 000 destructions au premier semestre, l’emploi salarié devrait se stabiliser au deuxième semestre selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Cela n’empêchera pas un bond du taux de chômage à 9,5 % à la fin de l’année, selon l’Insee.