Trump accusé de viol, le ministère de la Justice américain veut le défendre lui-même

La demande du ministère aura pour conséquence de retarder le dossier de E. Jean Carroll. L'éditorialiste accuse le président américain de viol dans les années 90s.

Une action « sans précédent » selon ses détracteurs. Le ministère de la Justice américain a demandé ce mardi à remplacer les avocats personnels du président Donald Trump par des avocats du gouvernement fédéral, pour défendre celui-ci dans une affaire qui l’oppose à une éditorialiste l’accusant de viol. Cette demande devrait avoir pour conséquence de retarder le dossier, alors que les élections américaines de novembre arrivent à grand pas.

E. Jean Carroll, 76 ans, soutient que le dirigeant américain l’a violée dans une cabine d’essayage d’un magasin luxueux de New York dans les années 90. Elle veut forcer Trump à fournir une analyse de son ADN afin de comparer celle-ci avec des traces sur la robe qu’elle dit avoir portée ce jour-là.

Un argument très inhabituel

En août, un tribunal new-yorkais avait ouvert la voie pour obliger le Président à aller dans ce sens, tout en refusant de retarder la procédure. Ce mardi, le ministère de la Justice a appelé à ce que Trump soit défendu par des avocats du gouvernement et que l’affaire soit jugée par un tribunal fédéral plutôt qu’au niveau de l’État de New York. La demande complique pour le moment la requête de E. Jean Carroll.

Pour se justifier, le ministère avance que Trump agissait en tant que président des États-Unis lorsqu’il a nié connaître E. Jean Carroll en juin 2019. Un argument très inhabituel, selon le New York Times. La plaignante attaque désormais l’homme d’État en diffamation pour ses propos. Ce dernier avait notamment dit que E. Jean Carroll « mentait complètement » pour vendre son livre, et qu’il n’aurait pas pu la violer car elle n’est pas « son genre de femme ».

« Repousser, repousser et encore repousser »

« La stratégie de Trump dans cette affaire a été dès le premier jour de repousser, repousser et encore repousser » a réagit l’avocate de E. Jean Carroll, Roberta Kaplan dans un communiqué diffusé mardi soir. « L’effort de Trump de manier le pouvoir du gouvernement américain pour éluder sa responsabilité pour ses fautes personnelles est sans précédent » a‑t-elle ajouté.

La demande du ministère s’inscrit dans la logique du gouvernement Trump. Il met tout en œuvre pour protéger le dirigeant dans les affaires judiciaires, au mépris de l’indépendance de la justice, selon Associated Press. Plus d’une dizaine de femmes ont accusé Trump d’agressions sexuelles. Elles affirment que les incidents se sont déroulés avant qu’il soit élu président, en 2016.