Face à l’interdiction de manifester, les Gilets Jaunes appellent à la désobéissance civile

Des figures phare des Gilets Jaunes et un syndicat de police ont échangé par réseau social interposé en amont de la manifestation de samedi. La reprise du mouvement de contestation s'annonce tendue.

Verra-t-on des Gilets Jaunes dans les rues de Paris samedi prochain ? La préfecture de la capitale s’y est opposée. Dans un communiqué publié ce jeudi, elle a interdit tout rassemblement de personnes se revendiquant du mouvement dès vendredi 18h, puis pour toute la journée du samedi. La raison invoquée : le risque de “troubles à l’ordre public” — les Gilets Jaunes avaient déclaré un trajet proche d’institutions du pouvoir, depuis l’Arc de Triomphe jusqu’au rond point des Champs-Elysées — ainsi que le risque sanitaire causé par l’impossibilité de respecter les mesures de distanciation sociale. 

Appel à la désobéissance civile

Cette annonce agite les figures des Gilets Jaunes. “Paris interdit au gilets jaunes ? Ça tombe bien je suit (sic) avant tout un citoyen en colère et donc LIBRE !” s’est exclamé Maxime Nicolle dans un tweet. Une réaction partagée par Jérôme Rodrigues, autre personnage phare du mouvement. “Nous sommes victimes d’une discrimination politique qui nous empêche aujourd’hui [d’exercer] notre droit inaliénable, celui de manifester”, s’insurge le militant dans une vidéo publiée sur son compte Twitter. 

La manifestation de Gilets Jaunes pourrait bien se tenir dépourvue de son emblème, pour contourner l’interdiction. Jérôme Rodrigues a ainsi appelé à ne pas porter de gilets fluos. “Même si cela vous déçoit, le gilet reste dans notre coeur” s’est-il ému. Il a incité les manifestants à “ne montrer aucune carte d’identité, quitte à faire un petit tour au commissariat et y passer quatre heures”, et ainsi saturer leur capacité d’accueil. Une annonce tournée en dérision par Alliance Police, syndicat des forces de l’ordre, dans un tweet, qui assure avoir assez de places pour tous les manifestants. 

Pour le mouvement social sorti d’une longue hibernation — la dernière manifestation d’ampleur date de février 2020 —  la rentrée promet de se faire dans un contexte encore plus tendu par la crise sanitaire.