Les États-Unis accusent « de hauts responsables russes » d’avoir empoisonné Alexeï Navalny

L’étau se resserre sur la Russie. Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a déclaré mercredi que l’empoisonnement venait probablement de « hauts responsables russes ».

Les soupçons des États-Unis viennent se rajouter à ceux de l’Allemagne, où est actuellement en convalescence l’opposant russe sorti lundi de son coma artificiel. « Quand (les gens) voient les efforts faits pour empoisonner un dissident, et qu’ils admettent qu’il y a de fortes chances que cela vienne de hauts responsables russes, je pense que ce n’est pas bon pour le peuple russe » a soutenu le secrétaire d’État américain.

Quels sont les soupçons ?

Mardi, les pays du G7 ont exhorté Moscou à traduire « urgemment » en justice les auteurs de l’empoisonnement de l’opposant russe. L’Allemagne dit avoir trouvé des traces d’un empoisonnement à un agent innervant de type Novitchok. Mis au point à l’époque soviétique, la Russie est accusée d’en fabriquer secrètement. Dimanche, l’État allemand, qui préside l’Union européenne, a sommé le pays de s’expliquer. « Fixer des ultimatums n’aide personne, mais si dans les prochains jours la partie russe ne contribue pas à clarifier ce qui s’est passé, alors nous allons devoir discuter d’une réponse avec nos partenaires » avait alors déclaré le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas au quotidien national Bild. Le pays envisage également de geler le projet de gazoduc phare avec la Russie « Nord Stream 2 », chargé d’approvisionner l’Europe en gaz russe.

De son côté, le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab pense qu’il est « très difficile » de ne pas attribuer l’empoisonnement de l’opposant « à une autre explication plausible que celle d’une émanation de l’État russe ».

La France a quant à elle choisi mardi de reporter une rencontre prévue le 14 septembre à Paris entre les ministres français et russes. « Au regard des circonstances actuelles et après un échange avec les autorités russes, il a été décidé de reporter la réunion du Conseil franco-russe de coopération sur les questions de sécurité à une date ultérieure », a précisé Agnès von der Mühll, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

La Russie s’insurge contre les accusations

Alors que les yeux sont rivés sur la Russie, le pays des tsars se défend d’être à l’origine de l’empoisonnement de M. Navalny. Il a même convoqué mardi le ministre des Affaires étrangères allemand pour signifier son mécontentement. Les autorités russes dénoncent « l’utilisation évidente de la situation par Berlin comme prétexte pour discréditer [leur] pays sur la scène internationale ».

« Nous n’avons rien à cacher », s’est défendu le ministre russe Sergueï Lavrov. Le pays exige d’ailleurs le dossier médical de M. Navalny pour effectuer lui-même ses propres analyses.

Le Novitchok a déjà été utilisé en Angleterre en 2018 contre l’ancien agent double Sergueï Skripal. La Russie est également mise en cause dans cette affaire mais près de deux ans après, l’affaire n’a toujours pas été élucidée.