L’opposante bélarusse Maria Kolesnikova porte plainte pour enlèvement

Maria Kolesnikova, opposante au président bélarusse Loutchenko annonce qu'elle portera plainte pour « enlèvement » et « menaces de mort ». Elle avait disparu lundi dans des circonstances troublantes.

Un « enlèvement » : c’est le mot qu’utilise Maria Kolesnikova pour décrire sa disparition de lundi. L’opposante au pouvoir bélarusse a annoncé porter plainte contre des membres des services de sécurité pour « enlèvement » et « menaces de mort ». Elle est actuellement incarcérée pour « atteinte à la sécurité nationale ».

Le site internet de Viktor Babaryko, ex-candidat à la présidentielle dont elle était la directrice de campagne, a publié des extraits de la lettre envoyée par l’opposante. Elle y détaille ce qui lui est arrivée pendant son « enlèvement », jusqu’à sa réapparition le lendemain à la frontière ukrainienne.

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 « Ces personnes ont menacé de me tuer », écrit Kolesnikova. « Ils ont déclaré que si je ne quittais pas le Bélarus volontairement, je partirai quand même, vivante ou en morceaux. Ils menaçaient aussi de me priver de liberté pendant 25 ans, de me causer des problèmes dans mes lieux de détention », détaille celle qui représente l’une des principales figures de l’opposition au régime bélarusse.

« Ils ont mis un sac sur ma tête »

Elle y indique également les noms des personnes qui auraient exercé une pression psychologique sur elle. Maria Kolesnikova confirme aussi la version de ses partisans selon laquelle elle a déchiré son passeport pour ne pas passer de force de l’autre côté de la frontière. « Quand les agents du KGB (services de sécurité) ont compris que je ne quitterais pas le territoire volontairement, ils ont mis un sac sur ma tête, m’ont mise dans un minibus et m’ont conduite à la frontière ukraino-bélarusse », écrit-elle dans la lettre.

L’inculpation de l’opposante intervient un mois après la réélection contestée du président biélorusse Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994. Toutes les personnalités qui se sont dressées contre lui sont aujourd’hui en exil ou derrière les barreaux.