Syrie : des familles et des députés demandent le rapatriement des enfants prisonniers français

Dans une lettre adressée au président de la République, 76 députés associés au Collectif des familles unies interpellent sur le sort des enfants retenus en Syrie.

« Vos petits-enfants ont fait leur rentrée des classes la semaine dernière, les nôtres n’ont jamais vu d’école ou se souviennent à peine de leur maîtresse. » Ainsi commence la lettre ouverte à Emmanuel Macron, écrite par le Collectif des familles unies et publiée dans Le Parisien. Ce collectif rassemble une centaine de familles françaises ayant des enfants prisonniers en Syrie dans les camps de Roj et Al-Hol, proches de la frontière irakienne.

Les familles demandent le rapatriement des mineurs français sur le sol national. Plus d’une centaine d’élus dont 76 députés, 16 sénateurs et 14 députés européens, à l’initiative de Pierre Morel-A-L’huissier (député UDI) et de Pierre Laurent (sénateur PCF), se sont joints à la lettre du collectif enjoignant « la France de rapatrier immédiatement les enfants français victimes de traitements inhumains et dégradants qui périssent dans les camps syriens » ainsi que « les femmes détenues dans les camps de Roj et d’Al Hol » au nom des « impératifs humanitaire et sécuritaire ».

« Un jour peut-être, et grâce à vous, nos petits-enfants s’amuseront dans la même cour de récréation que les vôtres, joueront sur le même terrain de sport que les vôtres, liront le même livre, apprendront les mêmes leçons, et grandiront ensemble. Parce que nos petits-enfants sont comme les vôtres, des enfants français innocents qu’il ne tient plus qu’à vous de sauver. », conclut le courrier.

Des conditions de vie inacceptables

Tous les signataires interpellent le gouvernement sur « conditions sanitaires indignes » dans lesquelles survivent près de 200 enfants avec leur mère. « Les températures avoisinent les 45 degrés dans les camps et l’accès aux soins se restreint de jour en jour. » Les élus parlementaires rapportent que «plus de trois cents enfants sont décédés dans le seul camp d’Al Hol en 2019 » et « des dizaines d’enfants sont morts de malnutrition, de déshydratation, d’arrêts cardiaques et d’hémorragies internes depuis le début de l’été ».

Sur cette question épineuse, la stratégie de la France est le « cas par cas ». Peuvent être rapatriés en France les orphelins de père et de mère. Toutefois, une autorisation est nécessaire pour les mineurs dont un parent est encore en vie. Depuis l’effondrement du groupe Etat islamique en mars 2019, 28 jeunes Français ont ainsi pu retrouver le sol national.

Pour les parlementaires signataires de la lettre ouverte, «ces enfants sont innocents : ils n’ont pas choisi de naître en Syrie ou dans ces camps, et ils n’ont pas non plus choisi d’être emmenés en zone de guerre. Ils sont des victimes que la France ne peut pas abandonner.»