Télétravail et garde d’enfants, la double peine des parents

Les fermetures d’écoles à cause de la pandémie compliquent la vie de certains parents, obligés de concilier télétravail et garde d’enfants.

« Si je dois retrouver les trois à la maison, ça va être chaud », s’inquiète Caroline (prénom modifié), maman de trois enfants, dont une collégienne qui doit rester chez elle depuis mercredi, après la détection d’un cas de Covid-19 dans sa classe. « J’ai dû aller chercher ma fille à l’école, qui va fermer par sécurité pendant 8 voir 15 jours », raconte-t-elle. Jeudi, 32 écoles (sur 60 000 établissements) et 524 classes, étaient fermées temporairement pour cause de Covid-19, a annoncé Gabriel Attal sur BFM-TV.

Pour permettre aux enfants de rester à la maison en cas de fermeture de crèche, école, ou collège, le gouvernement a annoncé mercredi soir que les travailleurs dans l’impossibilité de télétravailler, seront indemnisés s’ils doivent s’occuper de leurs enfants. Un parent par foyer pourra ainsi, sur présentation d’un justificatif, « bénéficier d’un revenu de remplacement dès le premier jour de leur arrêt de travail, et au plus tard jusqu’à la fin de la période d’isolement », précise le ministère des Solidarités et de la Santé.

« Je dois jongler entre le travail, les devoirs, les repas… »

Pour les parents tels que Caroline, qui peut poursuivre son activité de consultante en télétravail, il faut en revanche réapprendre, comme pendant le confinement, à concilier son emploi avec l’enseignement à distance de sa fille, en classe de 5e. « J’ai pu me rendre compte que ça n’est pas facile d’être enseignant, il faut avoir beaucoup de patience, s’exclame cette maman de 42 ans. Je dois jongler entre le travail, les devoirs, les repas… J’ai un triple boulot. » Forcément, cette charge supplémentaire se répercute sur son travail : «  Je dois m’organiser différemment. Cela me demande un peu plus d’attention », témoigne-t-elle.

Une situation difficilement tenable sur la durée, comme l’a souligné ce jeudi sur Franceinfo, Laurent Berger. Le secrétaire général de la CFDT a estimé qu’il ne « fallait pas considérer qu’on puisse télétravailler durablement avec des enfants à la maison, notamment des enfants en bas âge. » Pour le moment, Caroline n’a pas le choix, l’État ne prévoit aucune aide pour les parents dans son cas.

Comme alternative, l’établissement privé dans lequel est scolarisée sa fille a mis en place « une sorte de garderie au sein de l’école, avec les enfants testés négatifs. » « L’école et la famille doivent travailler main dans la main », proclame la mère de famille, qui espère que le gouvernement « imagine des outils pédagogiques et numériques » capables d’aider davantage les parents à assurer la continuité pédagogique.