“Complice de crimes” israéliens : l’Iran fustige le Bahreïn pour l’accord de paix de Trump

Le Bahreïn est le second pays du Golfe à normaliser ses relations avec l'État hébreu, moins d'un mois après les Emirats Arabes Unis. Cet accord est un objectif clé de la stratégie régionale de Donald Trump pour contenir l’Iran.

Isoler l’Iran. C’est la stratégie de Donald Trump, qui a annoncé vendredi un accord de paix entre Israël et le Bahreïn, la riche monarchie du Golfe et alliée des États-Unis. “C’est une journée véritablement historique!”, a exulté le président américain sur Twitter. Cet accord de paix est pour lui une véritable percée diplomatique, à moins de huit semaines de l’élection où il briguera un second mandat face à Joe Biden.

Normaliser les relations entre Israël et les pays alliées de la puissance américaine au Moyen-Orient est un objectif clef de la stratégie régionale de Trump. Sous couvert de rendre la région “plus stable, plus sûre et plus prospère”, la signature d’accords de paix entre le pays hébreu et les monarchies du Golfe a surtout pour effet d’isoler l’Iran, ennemie des États-Unis. Comme la plupart des pays du Golfe, le Bahreïn partage avec Israël et les Etats-Unis une hostilité à l’égard de la puissance chiite.

En réaction aux tweets victorieux de Donald Trump, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué “un autre accord de paix avec un autre pays arabe”. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a également salué un accord “historique” et une étape importante pour la stabilité et la paix au Moyen-Orient “qui permettra de trouver une solution juste et permanente à la cause palestinienne”.

” Un coup de poignard ”

À son arrivée à la Maison Blanche en 2017, Donald Trump avait promis de résoudre le conflit israélo-palestinien. Selon lui, ce second accord de paix entre Israël et un pays arabe incitera la Palestine à faire partie des discussions, “parce que tous ses amis y seront”.

“L’accord entre Bahreïn et Israël est un coup de poignard dans le dos de la cause palestinienne et du peuple palestinien”, a cependant déclaré Ahmad Majdalani, ministre des Affaires sociales de l’Autorité palestinienne. Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a lui aussi dénoncé une “agression” portant un “grave préjudice” à la cause palestinienne.

“Ceci est un nouveau coup porté aux efforts pour défendre la cause palestinienne, et qui va renforcer Israël dans ses pratiques illégales envers la Palestine et ses tentatives de rendre permanente l’occupation des territoires palestiniens”, a déclaré lui aussi le gouvernement Turc dans un communiqué publié vendredi soir par le ministère des Affaires étrangères. De son côté, le ministère iranien des Affaires étrangères a accusé samedi Bahreïn d’être à présent “complice des crimes” d’Israël et “une menace constante pour la sécurité de la région et du monde musulman”, dans un communiqué.

Cet accord fera des Emirats et de Bahreïn les troisième et quatrième pays arabes à établir des liens diplomatiques avec l’Etat hébreu, après les traités de paix conclus avec l’Egypte, en 1979, et la Jordanie, en 1994.