Manifestations des migrants à Lesbos : la police lance du gaz lacrymogène

La police de l’île grecque de Lesbos a usé de gaz lacrymogène lors de rassemblements de migrants. Ces derniers réclamaient un relogement après les incendies qui ont ravagé le camp.

La police sur l’île grecque de Lesbos a tiré du gaz lacrymogène contre des migrants qui leur lançaient des pierres ce samedi, lors d’une manifestation pour exiger des abris après les incendies de mardi et mercredi qui ont détruit le camp de Moria.

Des centaines de demandeurs d’asile manifestaient leur colère après avoir passé quatre nuits à dormir dans la rue, alors que les actions de relogement prennent du retard. « Alors que des milliers de personnes sont laissées sans abris dans les collines autour de Moria ou dans les rues, les tensions entre les locaux, les demandeurs d’asile et la police sont croissantes », a déclaré l’ONG Human Right Watch dans un communiqué.

Les autorités « veulent refaire la même erreur »

Les efforts de recherche d’abris temporaires pour plus de 11 000 personnes, dont des milliers d’enfants, sont inadéquats selon les associations humanitaires présentes. Les autorités de l’île refusent de reconstruire le camp. Les dirigeants locaux veulent transférer les migrants dans des centaines de tentes, qui ont commencé vendredi à être installées en urgence dans une enceinte près du port.

« Les familles seront prioritaires, avec des tentes prévues pour six personnes. Le processus de relogement commence aujourd’hui », a déclaré samedi à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Immigration, Alexandros Ragavas.

Déjà vendredi, des migrants avaient manifesté, réclamant de pouvoir quitter l’île. « Moria a brûlé, et plutôt que de prendre ça sérieusement, ils veulent refaire la même erreur. Pourquoi construire à nouveau un petit camp ? Des gens le brûleront encore », dénonçait Omar, un jeune homme de 18 ans originaire du Burkina Faso, interrogé par l’AFP.

Le camp de Moria a brûlé lors d’incendies successifs mardi et mercredi. Il accueillait dans des conditions très difficiles, des migrants en majorité originaires d’Afghanistan, tentant de traverser les frontières européennes.