Renforcement des mesures sanitaires en «zones rouges»

Des limitations de rassemblement aux visites interdites en Ehpad, les préfets de Gironde, des Bouches-du-Rhône, de la Loire et du Nord ont annoncé ce lundi plusieurs mesures pour lutter contre la recrudescence de l’épidémie dans leur département.

Pas de rassemblements de plus de dix personnes dans les parcs et sur les plages, jauges à 1000 personnes dans les salles de spectacle, journées du patrimoine annulées… Face à l’augmentation de cas de Covid-19 en zones classées «rouges», les préfets de Gironde, des Bouches-du-Rhône, de la Loire et du Nord ont décidé, lundi 14 septembre, de renforcer les mesures sanitaires en vigueur dans leur département. Ces décisions interviennent quatre jours après que le premier ministre, Jean Castex, a exhorté les préfets de Marseille, Bordeaux et de Guadeloupe à prendre des mesures locales pour endiguer la propagation du virus. Lundi, la France avait enregistré 6 158 nouveaux cas de coronavirus dont 545 nouvelles hospitalisation, selon Santé Publique France.

Interdit de consommer de l’alcool debout dans les bars

En Gironde comme dans les Bouches-du-Rhône, l’évolution de la pandémie est préoccupante. Dernièrement, la Gironde a été classée comme un département «de vulnérabilité élevée». Le CHU de Bordeaux recense actuellement 77 patients atteints de Covid 19 dont 24 en réanimation. De l’autre coté de la France, dans les Bouches-du-Rhône, les hôpitaux arrivent à «saturation», selon son préfet Christophe Mirmand. Sur 155 lits réservés aux cas de Covid-19, déjà 129 sont occupés. Pour tenter de limiter les rassemblements sur la voie publique, les préfets des deux départements ont annoncé plusieurs nouvelles mesures.

Les événements publics (matchs, compétitions, soirées musicales) sont dorénavant limités à 1000 participants, au lieu de 5000. À ce titre, plusieurs rendez-vous festifs ont dû être annulés dans la cité Phocéenne, notamment sa Foire internationale et ses journées européennes du patrimoine. Ces-dernières sont aussi supprimées à Bordeaux, et dans plusieurs villes du Nord, dont Lille, Dunkerque et Valenciennes.

Les horaires d’ouverture des bars et des restaurants ne changent pas à Bordeaux ni à Marseille, mais il y est désormais interdit de consommer de l’alcool debout et d’écouter de la musique sur la voie publique. Impossible également de se réunir à plus de dix personnes sur les quais de Garonne, dans les parcs, ou sur les plages de Méditerranée. Les établissements et débits de boisson qui «contreviennent aux règles» seront «très rapidement» fermés, «dès le lendemain», a mis en garde Fabienne Buccio, préfète de la Nouvelle-Aquitaine et de la Gironde. À Bordeaux, des contrôles sont renforcés par des gendarmes mobiles et une unité de CRS détachés par l’Etat.

Port du masque généralisé

Pour endiguer la propagation du virus, plusieurs départements ont choisi d’étendre le port du masque au-delà de leur centre-ville. Dans 27 communes des Bouches-du-Rhône, les résidents doivent sortir masqués de 6h à 2h du matin. Sont concernées les villes dont le taux d’incidence est supérieur au seuil d’alerte, soit 100 cas pour 100 000 habitants. Ces petits carrés de tissu pourront être ôtés au sein de réserves naturelles plus vastes, comme le pars national des Calanques, par exemple. Catherine Séguin, préfète de la Loire, a elle aussi imposé le port du masque dans toute la ville de Saint-Etienne à partir de mercredi 16 septembre. L’arrêté préfectoral devra également être respecté à Roanne, Le Coteau, Mably, Riorges et Firminy.

Des visites limitées voire interdites en Ehpad

Face à l’augmentation des décès en maisons de retraite, les visites en «zones rouges» sont globalement restreintes parfois même interdites, afin de protéger les plus vulnérables. À Bordeaux par exemple, les résidents en Ehpad ne peuvent recevoir que deux personnes par semaine. Dans le Nord, l’agence régionale de santé des Hauts-de-France, a décidé d’interdire les visites des résidents en chambre, en les autorisant seulement dans les parties communes ou à l’extérieur. Les familles de pensionnaires devront obligatoirement prendre rendez-vous auprès de l’établissement avant de revoir de leurs aînés.