Schiappa lance la naturalisation accélérée pour les étrangers en «première ligne» pendant le confinement

La ministre déléguée en charge de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a communiqué aux préfets une circulaire les invitant à «accélérer» et «faciliter» la naturalisation des ressortissants étrangers en première ligne pendant le confinement. On ignore encore combien de personnes sont concernées par la mesure.

Marlène Schiappa avait elle-même fait la proposition au Président de la République pendant le confinement. C’est maintenant acté. La ministre déléguée en charge de la Citoyenneté a fait suivre aux préfets, lundi 14 septembre, une circulaire intitulée «reconnaissance de l’engagement des ressortissants étrangers pendant la crise du Covid-19». Les représentants de l’Etat sont y invités à «accélérer» et «faciliter» la naturalisation française des ressortissants étrangers qui se sont mobilisés «en première ligne» durant l’épidémie de coronavirus, notamment chez les personnels de santé.

https://twitter.com/MarleneSchiappa/status/1305738691067904000?s=20

La durée de stage réduite de 5 à 2 ans

Concrètement, la circulaire prévoit que la notion de «services rendus importants» pourra être utilisée pour réduire la durée de «stage», c’est-à-dire la durée minimale de résidence en France exigée, de cinq à deux ans. Les préfets sont aussi tenus de marquer le coup en donnant à cette démarche «une solennité particulière avec la tenue de manifestations spécifiques».

Mais une zone d’ombre demeure :  le nombre de personnes concernées par la mesure. «Nous ne savons pas encore, nous demandons actuellement aux préfets de nous remonter toutes les infos», a reconnu la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, interrogée par Ouest-France. Or, note François Héran, démographe et responsable de la chaire Migrations du Collège de France auprès de l’AFP, une fois cette instruction délivrée, «les préfectures font ce qu’elles veulent».

Pour sa part, Maryline Poulain, responsable de la section Migrations de la CGT interrogée par l’agence de presse, reconnait une «ouverture» mais espérait aussi une instruction sur les régularisations de sans-papiers. Ces «premiers de corvée», indique-t-elle, ont aussi participé aux «activités essentielles dans les secteurs du nettoyage, l’hôtellerie, la restauration» mais ont été «oubliés».

En 2019, plus de 112 000 personnes ont acquis la nationalité française, dont plus de 48 000 par naturalisation, une procédure en net recul (-10%) comparé à l’année précédente.