Danemark, Inde, Royaume-Uni… le point sur la gestion de la crise du Covid-19 dans le monde

« Bulle sociale », fermeture anticipée des bars et restaurants, tests mobiles dans des vans et reconfinement partiel : les mesures sanitaires se multiplient dans le monde pour tenter d'endiguer la hausse du nombre de contaminations au Covid-19.

Alors que le monde se prépare à affronter une éventuelle deuxième vague de Covid-19 et que les tours de vis sanitaires se multiplient, le Danemark vient d’annoncer qu’il invitait ses habitants à réduire leurs contacts sociaux, l’Inde déplore une pénurie d’oxygène et le Royaume-Uni accumule un retard considérable dans le traitement de ses tests PCR. Tour d’horizon de la gestion de crise dans le monde.

Au Danemark, des « bulles sociales » pour l’automne

Mette Frederiksen, cheffe du gouvernement danois, a averti sur Instagram mardi 15 septembre qu’elle renforçait les mesures sanitaires en vigueur jusqu’au 1er octobre. « La contamination est à un haut niveau. Nous devons suivre les recommandations des autorités de santé », a affirmé la Première ministre. Le directeur de l’Autorité de contrôle des maladies infectieuses (SSI), Kåre Mølbak, conseille ainsi à chacun de se créer ce qu’il nomme une « bulle sociale ». « On va trouver peut-être cinq ou dix personnes à fréquenter. C’est avec elles qu’on devra passer l’automne. Les enfants devront choisir leurs camarades de classe », a précisé le scientifique lors d’une conférence de presse. Une mesure similaire avait été adoptée en Belgique où, depuis le 29 juillet, le gouvernement autorise chaque foyer à n’exercer des activités qu’avec « cinq personnes maximum ».

A Copenhague, les bars et restaurants sont désormais tenus de fermer leurs portes à 22 heuresLes soirées et festivités doivent s’achever à cet horaire dans tout le pays, même au domicile des Danois. En complément, la jauge des événements publics, dont les matchs de football, a été ramenée à 500 spectateurs.

Au Royaume-Uni, des retards dans les tests

La réouverture des écoles au Royaume-Uni a généré un retard de 185 000 tests PCR, alors que le nombre de cas de Covid-19 ne cesse d’augmenter. Le retour en classe explique l’augmentation de la demande de dépistage pour les enfants. Le personnel de santé britannique organise désormais des tests mobiles à bord de vans, pour désengorger les hôpitaux et tenter de compenser le sous-effectif de soignants en maison de retraite, selon The Guardian.

Selon Matthew Hancock, ministre de la santé britannique, l’ouverture des dépistages aux personnes asymptomatiques, qui préfèrent se faire tester par précaution, aurait engendré un retard dans le traitement des échantillons. Il a assuré que les patients atteints de pathologies, et les personnes les plus vulnérables en maisons de retraites seraient désormais prioritaires.

En Inde, une pénurie d’oxygène

Alors que l’Inde dépasse désormais le cap des 5 millions de contaminations, ses hôpitaux font face à d’importantes pénuries d’oxygène, pourtant vitale en réanimation. Dans le Maharashtra, le Gujarat et l’Uttar Pradesh, les états les plus affectés par la pandémie, la demande d’oxygène, proportionnelle à l’augmentation des hospitalisations, a presque triplé.

Les hôpitaux et maisons de retraites indiens ont consommé jusqu’à 2700 tonnes d’oxygène par jour ce mois-ci, selon l’association des fournisseurs de gaz industriel (All industrial bases manufacturers association) citée par la BBC. « Si nous n’augmentons pas notre production d’oxygène médicale, et pour les maisons de retraite, alors des vies seront en danger », ajoute-t-il.

En Espagne, un reconfinement localisé à Madrid

La région de Madrid, qui recense la plus forte hausse de cas de Covid, reste l’épicentre de cette deuxième vague de contaminations en Espagne. Antonio Zapatero, numéro deux des autorités régionales de santé de Madrid, a annoncé mercredi qu’il envisageait de « reconfiner » des parties de la ville. Seront concernés les quartiers, ou « zones de santé » (dont dépend chaque madrilène), ayant « la plus grande incidence de nouveaux cas » par rapport à leur population. Ces restrictions et « limitations des déplacements » seront précisés à la fin de la semaine, selon le Dr Zapatero. « L’incidence la plus forte se situe actuellement au sud de la ville », a rappelé ce dernier. En effet, plusieurs quartiers modestes du sud de la capitales, et des villes alentours ont dépassé les 700 cas pour 100 000 habitants.

 

Photo : De nombreux pays imposent des mesures strictes, oomme des rassemblements limités, pour faire face à la crise sanitaire. / DR