Dans la famille des gagnants de la crise, on demande… le jeu de société

Bonne pioche ! Le jeu de société, depuis la sortie du confinement, ne s'est jamais aussi bien porté. Avec des ventes record et même, plus inattendu, une razzia sur les puzzles...

Effet inattendu de la crise sanitaire. Longtemps oubliés dans les placards poussiéreux, ou délaissés au profit d’autres activités, les puzzles ont retrouvé la lumière depuis le déconfinement. Et, plus globalement, les ventes de jeux et jouets qui ne se sont jamais aussi bien portées, avec des croissances record.

Selon des chiffres de Libre Service Actualités (LSA) publiés début septembre, un magazine hebdomadaire consacré à l’actualité et à l’analyse des tendances du commerce, le marché « a rattrapé 80 % de son retard de chiffre d’affaires en seulement trois mois », après « une plongée des ventes d’environ 25 % durant le confinement ».

80 % du retard de chiffre d’affaires rattrapé

« On a eu beaucoup plus de monde à la sortie », se souvient Robin Tribouillard, gérant depuis 7 ans chez Robin des Jeux, petit magasin du XIème arrondissement, qui y voit un effet rattrapage. « Les personnes voulaient acheter des jeux pendant le confinement, pour un anniversaire par exemple, mais elles n’ont pas pu », poursuit-il. Trois mois ont été nécessaires au magasin pour rattraper les deux mois de fermeture. Avec, sur la plus haute marche des ventes, le jeu Unlock! Star Wars, « un escape game (jeu d’évasion) » à faire à la maison. 

Robin Tribouillard, gérant de la boutique Robin des Jeux.

Mais dans la boutique Variantes, installée dans le VIème arrondissement de Paris depuis plus de 25 ans, comme un peu partout ailleurs, ce sont les puzzles qui ont cartonné. « Il y a eu un regain d’intérêt. C’est vraiment ce qui a le mieux marché chez nous et de très loin », confie Kévin Elie, l’un des vendeurs.  Les stocks ont même été épuisés. « Pendant le confinement, les gens étaient enfermés chez eux. Ils ont pris plus le temps pour faire les choses », ajoute-t-il, debout derrière son comptoir.

Chez Robin des Jeux, on parle même d’une « explosion » des ventes. « Beaucoup ont redécouvert le puzzle, qui avait pourtant disparu. Et la nouveauté, c’est que les personnes le font très peu toutes seules désormais », souligne Robin Tribouillard. « Le jeu est un prétexte pour se retrouver entre amis, et répond à un besoin de socialisation ».

Kévin Elie, vendeur au magasin Variantes, devant les puzzles : le succès de l’année.

Si le public reste assez jeune, entre 25 et 40 ans en moyenne, il se diversifie quand même selon le magasin Jeux Descartes du Vème arrondissement qui a, lui, vu affluer de nouveaux clients. Comme le confie Radja, 43 ans, l’un des vendeurs : « On a accueilli des personnes qui jouaient de façon occasionnelle, et qui ont redécouvert les avantages du jeu de société ». Sa dimension ludique et collective, entre autres.

Un succès total pour le jeu « Pandemic »

Chez Troll2jeux, autre boutique parisienne du XIIème arrondissement, qui propose à ses clients un espace pour jouer sur place, « pas de vague particulière » néanmoins. La fréquentation est restée inchangée, entre l’avant et l’après-confinement. « On n’a pas rattrapé le retard », regrette Gwen Berthe, 27 ans, responsable rayons et commandes. Les habitués seulement sont revenus. L’humour en plus : « Ils nous disaient n’avoir joué à qu’un seul jeu, et vouloir faire un stock en cas de reconfinement ».

Un seul succès notoire et inattendu, le jeu de stratégie et coopératif Pandemic, pourtant édité pour la première fois en 2008. « Il est tombé en rupture de stock juste avant le confinement. Et les gens ont continué à l’acheter en masse après », assure Gwen Berthe. « Et ça été le cas partout, pas seulement dans notre boutique ». Le principe : jouer des médecins qui luttent contre les maladies à travers le monde…

Des ventes record pour les jeux de société depuis la sortie du confinement.
Crédit photos : Alexis Vergereau