Football : des stades sans vie au temps du coronavirus

Jauge limitée à quelques milliers de personnes, stades à huis clos, boycott des groupes ultras, la reprise des championnats de football en France et à l'étranger perd de son intérêt.

Trois jours après sa défaite historique à domicile contre l’Olympique de Marseille (0–1) dans une antre aussi silencieuse qu’une cathédrale, le PSG retrouve le Parc des Princes, ce mercredi soir (21 h), contre Metz. En tribunes, la jauge de 5 000 supporters, fixée par le gouvernement jusqu’à fin octobre au moins, ne bougera pas.  Pas plus que le boycott du Collectif Ultras Paris, le principal groupe de fans parisiens, qui a décidé de ne plus se rendre au stade en raison de la crise sanitaire. 

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Publiée par Collectif Ultras Paris sur Dimanche 30 août 2020

Ailleurs aussi, les tribunes françaises, souvent plus animées que le jeu proposé sur les terrains, sonnent creux depuis la reprise du championnat de Ligue 1. Plutôt que de choisir parmi leurs supporters les plus fidèles, plusieurs clubs ont préféré prendre des mesures radicales et jouer à huis clos. C’était le cas à Nice, lors de la première journée, ce le sera aussi à Bordeaux pour les prochaines journées.

« Le football est et doit rester un moment d’échange et de plaisir entre une équipe et son public, mais la santé de tous reste la priorité »

Suite à l’abaissement de la jauge de 5 000 à 1 000 personnes pour les rassemblements publics, annoncé par la Préfecture de Gironde lundi dernier, le club bordelais a décidé de ne pas ouvrir la billetterie et ses 42 000 places. « Le football est et doit rester un moment d’échange et de plaisir entre une équipe et son public, mais la santé de tous reste la priorité pour contenir ce virus, très présent actuellement en Gironde », a expliqué la direction dans un communiqué.

Incompatible avec le mode de supportérisme des groupes ultras

Dans les Bouches-du-Rhône, l’un des départements les plus touchés par le Covid-19, la réglementation est également la même avec une jauge de 1 000 personnes. Mais à l’inverse de Bordeaux, le club a décidé de laisser entrer ces rares supporters, pour les trois prochaines rencontres de Marseille, dans un stade Orange Vélodrome d’une capacité de 67 000 places. Sans apporter de précision sur ceux qui seront choisis. « Les détenteurs de billets annulés seront prévenus par email et remboursés », a annoncé le club olympien sur son site. 

Face à ces limitations qu’ils jugent incompatibles avec leur mode de supportérisme, plusieurs groupes ultras ont prévenu ces dernières semaines qu’ils ne se rendraient pas dans les stades. De la Brigade Loire à Nantes au Kop Sud de Lorient, en passant par les Red Tigers de Lens et les Gladiators de Nîmes, la sagesse a primé sur la passion. Cet été déjà, lors des finales de coupes nationales, les ultras de Lyon, Saint-Etienne et Paris avaient manqué à l’appel dans les tribunes du Stade de France.  

À l’étranger aussi, des limitations importantes

Dans les championnats de football voisins, la prudence est aussi de mise. En Angleterre, malgré la jaune fixée à 1 000 personnes par match, la Premier League a décidé de jouer à huis clos. « Chaque mois de la saison sans supporters, c’est plus de 100 M de livres sterling (108 M €) qui sont perdus pour toutes les divisions du football », peut-on lire dans L’Equipe, qui cite un courrier de l’organisateur du Championnat anglais.

En Allemagne, à quelques jours de la reprise de la nouvelle saison de Bundesliga, un modèle expérimental sera mis en place sur six semaines avec, au maximum, 20 % des places occupées dans chaque stade. Par exemple, l’Allianz Arena (75 000 places), stade du Bayern Munich, dernier vainqueur de la Ligue des Champions, pourrait accueillir jusqu’à 15 000 personnes.

Crédit photo : Alexis Vergereau