Le Covid-19 comme maladie professionnelle : un « décret trop restrictif » selon Berger

Interrogé mercredi matin par RTL, le secrétaire général de la CFDT a vivement critiqué le choix du gouvernement de ne pas reconnaître automatiquement le Covid-19 comme maladie professionnelle. Il dénonce une « trahison ».

Le décret qui désigne le Covid-19 comme maladie professionnelle, publié mardi 15 septembre, ne plaît pas à tout le monde : cette reconnaissance ne concerne que les soignants touchés par le virus et ayant eu besoin d’un apport d’oxygène. Au micro de RTL, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, se dit « très en colère » face à cette décision gouvernementale : « Il ne reconnaît que les impacts sur l’appareil respiratoire et non pas sur les autres conséquences. Le décret est extrêmement restrictif. Dans l’urgence, il faut traiter les travailleurs des premières lignes. » 

Déçu par ce décret, il considère que le gouvernement n’a pas tenu sa promesse. « Il y a eu trahison par rapport à ce qui a été dit par les ministres. On est loin de ces paroles extrêmement belles qui ont été dites au moment du confinement pour glorifier ces travailleurs », tance-t-il. Une référence au discours du ministre de la Santé, Olivier Véran, prononcé en mars : « Aux soignants qui tombent malades, je le dis : le coronavirus sera systématiquement et automatiquement reconnu comme une maladie professionnelle, et c’est la moindre des choses. » 

« Un véritable parcours du combattant »

Les syndicats s’inquiètent de la complexité des démarches pour les autres travailleurs concernés. Dans un communiqué, Force ouvrière s’étonne que seuls les personnels soignants puissent bénéficier de cette reconnaissance : « Pour tous les autres travailleurs, un véritable parcours du combattant sera nécessaire pour obtenir une véritable prise en charge au titre d’une maladie professionnelle. » Le syndicat souhaite ainsi que le décret soit élargi : « C’est pourquoi nous demandons un élargissement de la prise en charge pour consacrer une répartition juste entre tous les travailleurs. » 

Du côté de la CFTC, Pierre-Yves Montéléon, spécialiste de la santé au travail, regrette le sort réservé aux non-soignants qui sont « au contact du public ou des produits — par exemple, ceux qui collectent des déchets », confesse-t-il au journal Le Monde. Comme l’indique Libération, en avril dernier, l’Académie de médecine demandait que la reconnaissance automatique du Covid-19 comme maladie professionnelle soit accordée aux salariés de l’alimentation, des transports ou encore de la sécurité. 

 

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