Von der Leyen, présidente de la Commission, veut une « UE de la santé »

Lors de son discours sur l’état de l’Union européenne, Ursula von der Leyen a affirmé sa volonté d’augmenter le budget du programme européen « pour la santé ». Celle qui préside la Commission a aussi plaidé en faveur d’une « coopération en matière de vaccins » et précisé les modalités de financement du plan de relance post-Covid.

Les États membres de l’Union européenne (UE) doivent « tirer les premières leçons de la crise sanitaire », a réclamé la présidente de la Commission européenne, dès le début de son premier discours sur l’état de l’Union devant le Parlement européen ce mercredi. Ursula von der Leyen a estimé qu’« il est plus clair que jamais que nous devons discuter des compétences en matière de santé ».

Déplorant que les pays aient fait face à la pandémie de Covid-19 en ordre dispersé, la santé étant principalement gérée au niveau étatique, la présidente allemande de la Commission a appelé à « créer une Union européenne de la santé plus forte » et à « renforcer ainsi la préparation européenne » face aux risques de crise sanitaire. Concrètement, il s’agirait de revoir à la hausse le financement du programme « EU4Health » (« L’UE pour la santé »).

Dans les prochains mois, l’exécutif européen désire donner davantage de moyens et de compétences au Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et à l’agence européenne des médicaments. Ursula von der Leyen a également assuré souhaiter mettre sur pied « une agence de recherche et de développement biomédicaux avancés au niveau européen », sur le modèle du BARDA, l’autorité américaine pour la recherche et développement avancés dans le domaine biomédical.

Un tiers du plan de relance financé par des obligations vertes

Alors que tous les regards sont tournés vers la recherche d’un vaccin contre le Covid-19, la première femme à la tête de la Commission a averti les États : « le nationalisme vaccinal met des vies en danger, la coopération en matière de vaccins les sauve ». « Aucun d’entre nous ne sera en sécurité tant que nous ne serons pas tous en sécurité, a‑t-elle affirmé face à l’hémicycle bruxellois. (…) Trouver un vaccin ne suffit pas. Nous devons veiller à ce que les citoyens européens et ceux du monde entier y aient accès. »

La crise sanitaire s’étant doublée d’une crise économique et sociale, les pays de l’UE s’étaient entendus en juillet sur un plan de relance post-Covid de 750 milliards d’euros. C’est l’une des grandes annonces de ce discours sur l’état de l’Union : il sera financé à hauteur de 30% par des obligations dites « vertes ». « Nous sommes les leaders mondiaux de la finance verte et le plus grand émetteur d’obligations vertes dans le monde », a insisté Ursula von der Leyen, qui veut faire de l’Union un « pionnier » avec l’élaboration d’« une norme de l’UE solide en matière d’obligations vertes ».

Crédit photo : JOHN THYS / AFP — Ursula von der Leyen lors de son discours sur l’état de l’Union devant le Parlement européen, le 16 septembre.