Des laboratoires font payer illégalement les tests PCR pour accélérer les résultats

Face à l’explosion de la demande de dépistage du coronavirus, des laboratoires d’analyses feraient payer les tests PCR, pourtant entièrement pris en charge par la Sécurité sociale, pour obtenir des résultats plus rapides. Une pratique illégale.

Devant les laboratoires d’analyses, des files d’attentes s’allongent sur plusieurs dizaines de mètres. Avec plus d’un million de tests PCR réalisés chaque semaine en France, les centres de dépistage du coronavirus sont complètement bondés. Face à l’allongement des délais pour obtenir des résultats, certains laboratoires proposeraient de faire payer pour accélérer la procédure, révèle Europe 1 ce mardi. Pourtant, ces tests remboursés par l’Assurance maladie sont censés être gratuits.

D’après le site, qui a interrogé des laboratoires parisiens sans pouvoir établir le nombre précis d’établissement ayant recours à cette pratique, le prix pourrait avoisiner les 100 euros pour « un résultat entre 24 et 48 heures maximum ». Pas de quoi décourager les clients, particulièrement ceux amenés à voyager prochainement, et désireux d’être fixées le plus rapidement possible. 

Les tests PCR pris en charge par l’assurance maladie

Une pratique pourtant illégale et « révoltante », d’après François Blanchecotte, le président du Syndicat national des biologistes, interrogé sur Europe 1 : « Du point de vue réglementaire, juridique et éthique, on ne peut pas facturer et prendre de l’argent aux Français, en plus du prix remboursé par la Sécurité sociale ».

« Tout laboratoire qui mettrait en place un tel système serait dans l’illégalité. »

Depuis la fin du mois de juillet, les tests PCR sont en effet entièrement pris en charge par l’assurance maladie. La prescription d’un médecin ou la présence de symptômes pour les demander ne sont même plus requises.

Toujours sur Europe 1, qui précise que la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pourrait se pencher sur la question prochainement, le ministère de la Santé a « condamné avec fermeté ». « Tout laboratoire qui mettrait en place un tel système serait dans l’illégalité. Face à l’épidémie, l’heure est à la solidarité et à la responsabilité, pas au chacun pour soi », a‑t-il ajouté.

Crédit photo : Pixabay