Le Covid-19 plus meurtrier, plus long et moins « intense » que la canicule de 2003

Le Covid-19 a été plus meurtrier en France que la canicule de 2003, indique l'Insee, mais l'épidémie de 2020 reste moins « intense » en termes de mortalité, du fait de sa durée plus longue.

Si 2020 est l’année du nouveau coronavirus, 2003 est celle de la canicule. Alors les chiffres de l’épidémie, qui a déjà causé au moins 31 095 décès en France, repartent à la hausse depuis quelques semaines, l’Institut national de la statistique (Insee) publie ce vendredi une étude comparative entre ces deux événements particulièrement meurtriers.

Selon l’étude, la crise sanitaire du Covid-19 a causé entre le 10 mars et le 8 mai une surmortalité d’environ 27 000 décès par rapport aux années précédentes. C’est plus que lors de l’épisode de très forte chaleur qui s’est abattu sur la France entre le 1er et le 24 août 2003 et qui avait engendré 15 000 décès supplémentaires.

En métropole, 47 000 morts, toutes causes confondues, avaient été enregistrés pendant la canicule contre 31 700 en moyenne sur la même période au cours des trois années précédentes. Pendant l’épisode de Covid-19, 124 100 décès ont été comptabilisés contre 96 800 en moyenne sur la même période au cours des années 2016–2019, détaille l’Insee.

La canicule reste plus intense

« Il convient toutefois de tenir compte des évolutions démographiques des vingt dernières années », nuance l’Insee. En effet, si le Covid-19 a été particulièrement meurtrier, c’est aussi en raison de l’augmentation et du vieillissement de la population constatés ces dernières années. Les personnes de 60 ans ou plus, qui sont les principales victimes de ces deux événements, représentaient 21 % de la population en 2003 contre 27 % en 2020.

L’autre raison de la surmortalité liée au Covid-19 par rapport à 2003 se trouve dans la durée plus longue de l’événement : 60 jours d’épidémie quand la canicule a duré 24 jours. Cette dernière est donc qualifiée par l’Insee de « plus intense », causant en moyenne 638 décès supplémentaires par jour contre 455 pendant la vague épidémique.

Un point commun entre les deux périodes : toutes les régions n’ont pas été touchées de la même façon. En 2003, davantage de décès ont été constatés en Île-de-France et en Centre-Val de Loire. En 2020, c’est encore l’Île-de-France, cette fois-ci accompagnée de la région Grand Est, qui cumulent le plus grand nombre de décès liés au coronavirus.

Photo : Plus de décès pendant l’épisode de Covid-19 du printemps 2020 qu’au cours de la canicule de 2003 / Insee