Rassemblements, heure de fermeture des bars… Nice et le département serrent la vis

Face à une recrudescence de cas de Covid-19 dans le département, de nouvelles restrictions sont tombées dans les Alpes-Maritimes, et à Nice en particulier.

Article actualisé à 19h.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a estimé jeudi 17 septembre que de nouvelles mesures devaient être prises dans les Alpes-Maritimes. C’est chose faite. Le préfet Bernard Gonzalez a annoncé ce vendredi matin de nouvelles restrictions dans le département pour endiguer la propagation du Covid-19, lors d’une conférence de presse commune avec le maire de Nice Christian Estrosi.

C’est surtout pour la cinquième plus grosse ville de France qu’il va y avoir du changement. Le taux d’incidence – nombre de nouveaux cas – y est trois fois supérieur à la côte d’alerte fixée par les autorités. Les rassemblements de plus de dix personnes dans les parcs, jardins et plages sont désormais interdits à Nice, et les grands événements sont limités à 1.000 personnes, contre 2.500 auparavant. Cette baisse de la jauge a poussé l’OGC Nice à annoncer que son match de foot contre le PSG prévu ce dimanche se jouerait finalement à huis clos. « La prise de température sera systématique pour accéder aux événements et spectacles », a ajouté Christian Estrosi.

Les bars sont fermés entre 0h30 et 6 heures du matin, et la vente d’alcool à emporter et sa consommation sur la voie publique est proscrite après 20 heures. La diffusion de musique sur la voie publique, susceptible « de conduire à des regroupements » d’après le préfet, est également interdite. Les journées du patrimoine, prévues ce week-end, n’auront pas lieu, tout comme la Fête des voisins, annulée dans tout le département. Des mesures qui seront étendues, dès samedi, à l’ensemble du département des Alpes-Maritimes, a annoncé le préfet de Nice Bernard Gonzalez.

30% des lits en réanimation occupés par des cas de Covid

« J’appelle tous nos concitoyens à faire preuve de civisme, de responsabilité, y compris dans les lieux privés. L’augmentation forte du virus étant due notamment, cela nous a été confirmé, au brassage intergénérationnel parmi la population et à certains événements festifs se déroulant dans un cadre familial », a ajouté le préfet des Alpes-Maritimes. Il a annoncé réunir ce vendredi les parlementaires du département, le président du conseil départemental et les responsables des associations des maires « pour discuter avec eux de l’extension de certaines mesures à tout le département ».

En plus du taux d’incidence élevé, c’est l’occupation des lits en réanimation qui a poussé le gouvernement à exiger de nouvelles mesures dans le département. À Nice, 30% des lits sont occupés par des cas de Covid-19. Avec la dynamique actuelle, ce taux pourrait atteindre 60% d’ici la fin du mois, laissant craindre une saturation en octobre. La ville, dont un tiers de la population a plus de 65 ans, avait déjà suspendu les visites dans les Ehpad la semaine dernière. En complément, Christian Estrosi a demandé au gouvernement d’interdire l’arrivée de ferries et de croisières dans la ville. « On ne peut pas imposer aux Niçois et Niçoises de ne pas aller les uns chez les autres mais laisser entrer par nos ports et aéroports un certain nombre de visiteurs sans contrôle », a‑t-il estimé.

Les Alpes-Maritimes ont enregistré 207 décès depuis le début de l’épidémie dont cinq ces huit derniers jours, selon l’Agence régionale de santé.

Crédit photo : Capture d’écran BFMTV