Carte d’épidémie : sur quels critères une zone devient-elle «rouge» ?

Le Calvados, l’Indre, la Meurthe-et-Moselle … Treize départements sont passés en zone rouge ce samedi sur la carte du ministère des solidarités et de la santé. Cette couleur recouvre désormais 55 départements dans l’hexagone. Mais comment cela est-il décidé ?

Un département devient rouge lorsqu’il passe en zone de «circulation active» (ZCA) selon quatre critères qui doivent tous être remplis. Premier critère, cette décision dépend du taux d’incidence. S’il est supérieur à 50 cas pour 100 000 habitants et que la dynamique épidémique est défavorable — cette dernière s’appréciant en fonction du taux de son voisin, et si son propre taux grimpe en flèche — : le département coche une première case.

La moyenne nationale du taux d’incidence est de 85 cas positifs pour 100 000 habitants, dans la semaine du 9 au 15 septembre, selon les chiffres de Santé Publique France, soit quatre fois plus qu’il y a un mois. Ce taux national est parfois largement dépassé dans les départements en zone rouge, pouvant atteindre 270 pour 100 000 en Guadeloupe, 200 dans les Bouches-du-Rhône, ou encore 160 à Paris.

Quant aux trois autres critères, il s’agit du taux de positivité (le pourcentage de tests positifs), du R effectif (le nombre de personnes qu’un malade va contaminer) et du taux d’occupation des lits en réanimation par des malades de la Covid-19. Ces indicateurs sont visibles sur le site de Santé publique France.

Une diversité de mesures de restrictions

Le Premier ministre fixe le passage d’un département en zone rouge à travers un décret. Celui-ci augmente les pouvoirs du préfet qui est chargé de prendre de nouvelles mesures pour enrayer la progression de l’épidémie. Jean Castex a précisé le 11 septembre que le placement en zone rouge n’a aucune «conséquence automatique». Les décisions ne doivent pas être prises depuis Paris, estime-t-il, ce qui explique la diversité des mesures prises dans les départements concernés.

En Indre-et-Loire par exemple, les soirées dansantes et estudiantines, sont interdites à partir de lundi ainsi que les week end d’intégration, a annoncé la préfète, Marie Lajus. Seuls les repas des événements festifs où les gens sont assis sont autorisés, puisque la distance réglementaire peut être respectée. 

Le préfet peut également se contenter de limiter les rassemblements, comme en Haute-Garonne. «Les rassemblements statiques de plus de 10 personnes dans les parcs, jardins et aux abords des plans d’eau sont interdits dans tout le département», a annoncé le préfet Etienne Guyot. Contrairement à ce qui a été annoncé dans d’autres grandes villes, la jauge maximale autorisée pour les événements reste, pour le moment, à 5 000 personnes. Dans d’autres départements, comme la Gironde, le seuil a été ramené à 1000 personnes.

Santé Publique France propose une carte et une analyse plus nuancées que le ministère de la santé, avec trois niveaux de vulnérabilité. Sur la carte qu’il propose, 46 départements étaient, ce vendredi, à un niveau élevé de vulnérabilité, 46 à un niveau modéré et 12 limité. Elle est actualisée chaque jour en concertation avec les Agences Régionales de Santé. L’organisme prend en compte, en plus des indicateurs précédents, des données partagées par SOS Médecins, ou encore des laboratoires de ville.