Le vaccin contre la grippe n'est pas spécialement plus efficace cobtre le Covid-19, affirme la Haute autorité de Santé.

Coronavirus : faut-il se vacciner contre la grippe saisonnière ?

Alors que l'hiver et sa traditionnelle épidémie de grippe approchent, les autorités lancent une campagne massive de vaccination contre la grippe. Ce pour désengorger les services de santé et éviter une catastrophe sanitaire, la grippe ayant fait plus de 8 000 morts en 2019.

Avec l’automne vient l’inquiétude d’une deuxième vague de Covid-19. Les basses températures vont logiquement concentrer plus de monde dans des espaces clos, et, d’ici quelques semaines, l’épidémie de grippe pourrait participer à saturer les services de santé. Plusieurs spécialistes de santé publique prônent ainsi une généralisation du vaccin contre la grippe saisonnière : quel en serait l’intérêt pour faire face au nouveau coronavirus ?

Campagne inédite de vaccination

L’État lancera, à la mi-octobre, une campagne inédite de vaccination contre la grippe saisonnière. Le gouvernement suit la position de l’Académie nationale de médecine, qui avait vanté les mérites de ce traitement, comme certaines personnalités politiques. «Il faut rendre obligatoire le vaccin contre la grippe sur tout le territoire pour les plus de 65 ans et les soignants», déclarait notamment Renaud Muselier, président Les Républicains (LR) de la région PACA et médecin de formation, le 13 septembre dernier sur RTL. 

Ces autorités recommandent-elles le vaccin contre la grippe pour son efficacité contre le coronavirus ? Non : il s’agit avant tout d’éviter un embouteillage dans les services de santé, qui pourraient déjà être débordés par la hausse des cas de Covid-19. Les symptômes grippaux étant également proches de ceux du coronavirus, une vaccination à grande échelle éviterait également de rallonger les files déjà interminables des tests PCR.

Priorité aux personnes fragiles

La grippe avait touché 1,8 million de personnes en 2019, provoquant 8 100 décès. Le risque est cette année, plus important pour les personnes les plus fragiles, possiblement exposées non plus à une mais à deux épidémies simultanément. 

La Haute Autorité de santé (HAS) insiste d’ailleurs sur la nécessité de réserver les vaccins à ces cas fragiles : «L’élargissement de la campagne de vaccination à d’autres populations (que celles fragiles, ndlr) n’est pas justifié actuellement», écrit-elle dans son dernier avis sur le sujet, datant de juin. D’autant qu’une pénurie de vaccins de la grippe n’est pas à exclure, comme l’évoquait l’Ordre national des pharmaciens dans un communiqué du 14 septembre, appelant à réserver les vaccins aux populations à risque. L’État a anticipé en commandant 13 millions de vaccins cette année, alors que le nombre de personnes à risque (personnes âgées, souffrant d’obésité, enceintes) s’élève à 12 millions de personnes.

Seuls 51 % des 65 ans et plus ont été vaccinés contre la grippe la saison dernière, selon les chiffres de Santé Publique France. «Beaucoup considèrent que la grippe est une maladie bénigne, ce qui est partiellement vrai, et surtout de fausses informations circulent sur les effets indésirables, détaillait Daniel Floret, vice-président de la commission technique des vaccinations de la HAS, dans Le Monde, le 7 septembre dernier. Or, ce vaccin est extrêmement bien toléré et ne contient pas d’adjuvant.»