Épidémie : les hôpitaux d’Île-de-France réactivent le «plan blanc» mis en sommeil cet été

Face à l'accélération de la pandémie depuis la semaine dernière, l'Agence régionale de santé d'Île-de-France a demandé aux hôpitaux de la région de réactiver leur cellule de crise.

Anticipant un rebond de l’épidémie de Covid-19, l’Agence régionale de santé (ARS) a demandé aux hôpitaux d’Île-de-France de ré-activer leur «plan blanc» mercredi 16 septembre, ainsi que l’a révélé vendredi France Info. Et pour cause, les admissions des cas de Covid-19 aux urgences ont progressé de 90% dans la région depuis la semaine dernière, d’après les chiffres de l’ARS. 2500 cas ont été admis à l’hôpital, dont 250 en réanimation.  «Il faut réagir vite, parce qu’on ne pourra pas vider les réanimations comme on l’a fait la dernière fois. On ne pourra plus reporter d’opérations», a rappelé Aurélien Rousseau, directeur de l’ARS, lors d’une interview donnée sur Europe 1 ce samedi matin .

Le «plan blanc» permet d’organiser l’accueil d’un afflux massif de patients et leur prise en charge. Il a été déclenché pour la première fois le 6 mars dans les régions les plus touchées par la pandémie (Grand Est et Île-de-France) puis s’est élargi à tout le territoire dès le 13 mars, sur décision du ministre de la santé Olivier Véran. Il n’a depuis jamais été levé mais assoupli cet été, quand les admissions en réanimations ont décru.

Recrutement de personnel

Les mesures adoptées à ce moment-là comprenaient, dans un premier temps, la mise en place d’une cellule de crise au sein de chaque établissement. Puis une réorganisation logistique de l’hôpital avec l’accueil, le tri des malades selon la gravité de leur pathologie, leur répartition dans des unités spéciales Covid et l’ajout de lits supplémentaires si nécessaire. Parmi les soignants appelés en renfort, ce sont des équipes volontaires en repos et des bénévoles qui étaient venus prêter main forte à leurs confrères. Les outils de communication du centre de soin (dont son standard téléphonique) avaient également été renforcés pour maintenir le lien avec les proches des patients.

À tout moment, des services de soin entiers pouvaient être déplacés et remplacés par des unités Covid et des interventions chirurgicales non-urgentes reprogrammées. Un plan d’évacuation et de confinement de l’hôpital avait également été conçu pour être appliqué lors d’une situation de crise.

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Mutualisation des places de réanimation

L’objectif du plan tel qu’il a été réactivé ce mercredi comprend simplement la mutualisation de lits et de places de réanimation de tous les hôpitaux de la région, ainsi que le recrutement de personnel supplémentaire pour les services en tension. Les chiffres repartent à la hausse, «donc on réactive», affirmait un membre de la direction de l’ARS interrogé par France Info vendredi 18 septembre. Il ne s’agira pas cette fois de décommander des opérations jugées «non essentielles» comme en mars dernier, mais de pouvoir répartir les malades entre les établissements, en cas de saturation des services d’urgence, expliquait-il.

Depuis la fin du mois d’août, le plan blanc a déjà été réactivé par des hôpitaux dans les Bouches-du-Rhône, le Var, les Alpes Maritimes, à Montpellier, dans la Loire et l’Ardèche.