Tests salivaires, tests PCR : quelles différences ?

La Haute Autorité de santé a rendu vendredi un avis positif pour l’usage des tests salivaires dans la détection du Covid-19 chez les personnes symptomatiques. Une véritable alternative aux tests PCR, dans les narines, plus invasifs et douloureux. 

Feu vert pour les tests salivaires en cas de symptômes en France. La Haute Autorité de santé (HAS) a approuvé vendredi ces nouveaux tests pour détecter les cas positifs au Covid-19. À qui s’adressent ces tests ? Est-ce qu’ils sont aussi fiables que les tests PCR, les plus répandus aujourd’hui ? Voici les réponses à cinq questions pour y voir plus clair.

Qui doit se faire tester et quel test choisir ?

Les tests salivaires seront uniquement à destination des personnes présentant des «symptômes apparus depuis moins de sept jours», pour qui le résultat sera plus fiable. La Haute Autorité de santé les préconise en priorité pour les personnes pour qui le prélèvement dans les narines est plus difficile : «aux enfants, personnes âgées et personnes présentant des troubles psychiatriques». Pour les autres, notamment les personnes asymptomatiques, le test nasal PCR reste celui de référence.

Quel que soit le mode de test choisi, et pour désengorger les laboratoires saturés par la demande, sont prioritaires : les personnes présentant des symptômes, celles entrées en contact rapproché avec un cas positif et les personnels soignants.

Le test salivaire, comment ça marche ?

A la différence du test PCR, ceux qui souhaitent se faire tester ne sont pas obligés de se rendre dans un laboratoire, ils peuvent également se procurer en pharmacie un tube dans lequel ils devront déposer leur salive. Ce prélèvement «est réalisé par crachat simple, par crachat bronchique ou par pipetage de la salive», précise la HAS dans son avis publié vendredi. Cela peut donc se faire à la maison, en cabinet médical ou dans un laboratoire, où il faudra dans tous les cas apporter son tube dans les 48h pour l’analyse de la salive. 

Pour rappel, le test PCR est fait à l’aide d’un long écouvillon dans le nez de la personne et suscite de l’inconfort pour beaucoup. Le prélèvement par la salive apparaît donc comme une alternative moins douloureuse. 

Est-ce moins efficace que le test PCR ?

Pour les personnes asymptomatiques, le test salivaire n’est pas recommandé : « L’étude COVISAL [lancée en Guyane] a révélé de très faibles performances du test sur les personnes asymptomatiques : trois cas sur quatre n’étaient pas détectées », explique la Haute autorité de santé. En cas de symptômes, la fiabilité du test salivaire « est inférieure à celle des tests nasopharyngés » (ou PCR), mais est « acceptable ». Suffisamment pour devenir une bonne alternative pour les symptomatiques.

Les résultats des tests salivaires seront-ils plus rapides que ceux des tests PCR ?

Si le test salivaire est plus simple et plus rapide à réaliser, le délais d’attente du résultat ne l’est pas forcément. Une fois prélevée, la salive est analysée pour détecter la présence du matériel génétique du virus. Comme le test de référence, le résultat ne sera transféré au patient qu’après quelques jours. Néanmoins, comme il s’adresse en priorité aux personnes symptomatiques, et qu’il peut être fait en-dehors des laboratoires, cela pourrait soulager ces derniers.

Cela sera-t-il remboursé ?

L’assurance maladie ne n’est pas encore prononcée sur le remboursement de ces tests. Pour sa part, la HAS se dit «favorable à leur remboursement». Pour le moment, les tests PCR sont intégralement remboursés. Mais avec désormais près de 1,2 millions de tests effectués par semaine, cela représente une note de 350 millions d’euros par mois pour la Sécurité sociale. L’assurance maladie devrait donner sa réponse concernant les tests salivaires dans les prochains jours.

 

Crédit photo : Claude TRUONG-NGOC / Wikimedia Commons