Fonte de la banquise en Arctique : trois graphiques pour comprendre l’ampleur du phénomène

Selon un rapport publié mi-septembre et se basant sur des images satellites, la banquise polaire de l’hémisphère Nord a atteint son deuxième plus bas niveau jamais observé.

À 350 000 kilomètres carrés près, la banquise arctique a manqué de battre son propre record : celui de sa plus petite superficie jamais enregistrée. Elle a été évaluée à 3,74 millions de kilomètres carrés la semaine dernière. Une surface proche de son plus bas record, établi en 2012 à 3,4 millions de km2.

Ces mesures sont celles du National Snow and Ice Data Center (en anglais) aux Etats-Unis, qui se base entre autres sur les images satellites de la NASA. Son directeur Mark Serreze a noté “une folle année dans le Grand Nord” : “Une banquise qui a presque atteint son étendue la plus faible jamais enregistrée, des vagues de chaleur frôlant les 40 °C en Sibérie et des feux de forêt massifs.” 

  • Une fonte (presque) record

Le NSIDC a observé une forte baisse de la superficie de la banquise arctique début septembre, une baisse qui s’est stabilisée après le 8 septembre. Avec le début de l’automne, la superficie ne devrait pas plus diminuer… sauf si les vents changent et que les températures tardent à remonter. Dans ce cas, elle se rapprochera du niveau-record de 2012. Soit bien en-delà de la moyenne des mesures prises entre 1981 et 2010 par le NSIDC.

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  • Une disparition accrue depuis 14 ans

La fonte de cette année n’est pas un cas isolé : la superficie de la banquise arctique diminue depuis le début des mesures, en 1979. Mais elle semble s’accentuer au fil des ans. Ainsi, les quatorze pires années pour l’extension de la banquise sont… les quatorze dernières années, comme nous pouvons le voir sur ce graphique. “Nous nous dirigeons vers un océan arctique saisonnièrement libre de glace, et cette année est un autre clou dans le cercueil” a déclaré Mark Serrez, le directeur du NSIDC.

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  • Une banquise qui disparaît été comme hiver

En effet, malgré la nuit polaire et les températures négatives, la glace de mer n’arrive plus à se reformer suffisamment durant l’hiver pour compenser les fontes dévastatrices de l’été. Non seulement son étendue minimum, atteinte chaque année à la mi-septembre, diminue, mais son maximum, mesuré en mars, aussi. Il n’a plus dépassé la barre des 15 millions de kilomètres carrés depuis 2008.

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La fonte des banquises, du Pôle Nord comme du Sud, n’est pas sans conséquences pour l’être humain. Elle contribue au réchauffement des océans et, indirectement, à la hausse de leur niveau, selon la NASA : d’ici 2100, le Groenland et l’Antarctique pourraient contribuer à une augmentation supplémentaire de 15 pouces (soit 38 centimètres) du niveau de la mer, au-delà de ce qui est déjà provoqué par le changement climatique causé par l’homme.