Journée sans voiture : une majorité de citadins des grandes villes soutient les restrictions de circulation

Alors que le vélo est en plein boum dans les principales villes de l'hexagone depuis le début de la rentrée, un sondage Ifop révèle le fort soutien d'une partie des Français envers les mesures qui restreignent la circulation des voitures.

Si une petite majorité (51%) des Français y reste défavorable, les citadins des 40 villes de plus de 100 000 habitants soutiennent en grande partie cette politique. Près des deux tiers (62%) souhaitent en effet que leur municipalité réduise nettement la place de l’automobile dans leur commune. C’est encore plus vrai, chez les jeunes citadins (à hauteur de 79% du côté des 18–24 ans et de 76% chez les 25- 34 ans), les cadres (66%) et les sympathisants écologistes d’EELV (95%).

“Cette enquête va à rebrousse-poil des critiques féroces contre la mairie de Paris, puisque les urbains, qui sont les premiers concernés, soutiennent assez nettement les mesures anti-voitures”, juge François Kraus, le directeur du pôle actualité de l’Ifop, d’après franceinfo. L’opposition à ces mesures est surtout l’affaire des catégories les moins favorisées. “La voiture reste beaucoup utilisée par les ouvriers ou les employés chassés des centres-villes par un prix de l’immobilier prohibitif comme c’est le cas à Paris. Ils habitent en banlieue ou plus loin et ont besoin de leur véhicule pour se déplacer et travailler. Il y a un attachement central à la voiture en milieu périurbain”.

“Les citadins utilisent de moins en moins la voiture”

Les habitants des grandes villes soutiennent majoritairement (57%) les systèmes de véhicules en libre-service, ainsi que l’essor des pistes cyclables dans leur commune (55%). Cette politique a un certain impact, note l’Ifop : “les citadins utilisent de moins en moins la voiture pour se rendre sur leur lieu de travail/d’études : ils sont désormais moins d’un tiers à le faire (29%) contre 44% en 2015”. Les déplacements à pied sont privilégiés par 17% des personnes interrogées par l’Ifop, un chiffre en constante augmentation. La part du vélo comme moyen de transport au quotidien a, elle, triplé dans les grandes villes entre 2015 et 2020, passant de 5 à 15%. Des chiffres qui devraient encore augmenter cette année avec la création des “coronapistes” et l’effet de l’aide du gouvernement à la réparation des vélos.