Laurent Fabius fustige le bilan de l’accord de Paris pour le Climat

Alors que l’accord de Paris entre officiellement en application, le président de la COP21 Laurent Fabius pointe du doigt le manque de résultats chez les pays signataires.

En 2015 Laurent Fabius, alors président de la COP21, annonçait la voix tremblante la ratification de l’accord de Paris pour le Climat par 195 Etats. Cinq ans après, le 22 septembre 2020, l’ancien ministre fustige un bilan alarmant et de maigres avancées au micro de FranceInter, alors que les dispositions de l’accord entrent officiellement en application aujourd’hui.

“Certains des gouvernements qui ont signé l’accord de Paris ne sont pas au rendez-vous”, dénonce Laurent Fabius au micro de Franceinter, alors qu’en 2020 chaque Etat signataire doit faire connaître ses nouveaux engagements climatiques pour le futur. Au cours de la dernière décennie, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté en moyenne de 1,5% chaque année. À ce rythme, les dix principaux pays producteurs d’énergies fossiles vont dépasser largement les limites de l’accord.

L’élément déclencheur: le départ des Etats-Unis

Premier accord universel de lutte contre le réchauffement climatique, le texte fixait comme objectif la limitation du réchauffement climatique à 2°C d’ici 2100, et l’atteinte de la neutralité carbone pour 2050.S’il se veut “juridiquement contraignant”, il ne prévoit aucune sanction contre les pays qui ne respecteraient pas leurs engagements, au contraire de son ancêtre, le protocole de Kyoto. La seule obligation est la transparence : chaque année, les Etats doivent soumettre leurs objectifs et résultats d’émissions de gaz à effet de serre. Un comité d’experts internationaux est ensuite chargé de vérifier publiquement les progrès et informations fournies par les pays signataires.

L’accord de Paris fondait initialement son autorité sur le “name and shame”, soit le fait de montrer du doigt et d’exercer une pression collective sur les pays ne respectant pas leur engagement. C’était sans compter sur Donald Trump, qui en juin 2017 annonçait le retrait des Etats-Unis de l’accord. “L’attitude du président Trump a été extrêmement délétère, explique Laurent Fabius. Pas seulement parce qu’il est le président de la deuxième puissance émettrice de gaz à effets de serre dans le monde. À partir du moment ou il ne joue plus le jeu, ça donne un prétexte aux autres pour ne pas le respecter.”  

La prochaine COP 26, qui devait se tenir en novembre prochain à Glasgow, en Ecosse, sera reportée en 2021 à cause de l’épidémie de coronavirus.