Néonicotinoïdes : le ministre de l’Agriculture promet un effort de recherche “sans précédent”

Julien Denormandie soutient l’utilisation par dérogation des néonicotinoïdes dans la filière des betteraves françaises.

Dans un entretien au quotidien La Croix, le ministre de l’Agriculture se prononce ce mardi 22 septembre en faveur d’une autorisation des néonicotinoïdes pour la filière betterave, ravagée par la jaunisse. Il promet néanmoins des “efforts de recherche sans précédent” pour permettre à la science de trouver rapidement une alternative efficace aux néonicotinoïdes. Ces insecticides controversés polluent les sols et déciment notamment les colonies d’abeilles, chargées de la pollinisation.

“Il n’existe pas, aujourd’hui, d’alternative satisfaisante pour lutter contre cette maladie. En deux ans, toute la filière sucrière peut être mise à plat”, affirme Julien Denormandie. Le plan de soutien à la filière betterave, présentée le 6 août par le ministre, prévoit un financement public de 7 millions d’euros sur trois ans, “soit deux millions de plus que ce que nous avions annoncé.” Il sera combiné à un “plan national de recherche et d’innovation” dirigé par l’Institut technique de la betterave (ITB) et l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), qui portera le financement de la recherche et du soutien de la filière à 20 millions d’euros.

Le gouvernement désire favoriser des techniques plus écologiques comme la sélection de semences de betteraves plus résistantes à la jaunisse ou l’introduction de coccinelles, prédatrices des pucerons qui transmettent la maladie. “Les solutions à mettre en œuvre doivent prendre en compte cette complexité de la nature. Je préfère une écologie pragmatique à une écologie d’impasse”, conclut le ministre.