Télétravail - LDD

« J’ai réduit mes déplacements par trois » : le télétravail, la solution pour aider la planète ?

Une étude de l’Ademe, l’Agence de la transition écologique, évalue l’empreinte écologique du télétravail.

Rester chez soi peut sauver la planète. Telles sont les conclusions de l’Agence de la transition écologique, dans une étude parue mardi 22 septembre. En effet, l’Ademe pointe les bénéfices du télétravail, qui s’est multiplié en période de pandémie. En économisant les déplacements pour se rendre au travail, chaque salarié a diminué son bilan carbone. « Le travail à distance a des incidences positives sur l’environnement », a résumé Jérémie Almosni, chef du service Transports et mobilité de l’Ademe, au Journal du dimanche

« J’ai réduit mes déplacements par trois dans la semaine », nous confirme Mathilde Barre, designer dans une entreprise du 16e arrondissement de Paris. L’employée a été placée en télétravail il y a deux semaines. « Mon patron m’a laissé le choix de travailler au bureau, ou depuis chez moi, explique la salariée, qui est aussi engagée dans le parti politique Place publique. Je n’ai pas hésité à rester chez moi. Je me sens un peu seule, mais en même temps, j’économise beaucoup de trajets. Je préserve la planète, et je fais des économies. »

https://twitter.com/JAlmosni/status/1308757128530849792?s=20

L’équivalent de quatre jours d’éclairage économisé

La designer de 34 ans, qui habite à Bezons (Val d’Oise), effectue habituellement plus de 10 kilomètres en voiture pour se rendre sur son lieu de travail. Ce sont donc 2,4 kg de CO2 qui ne sont pas émis quotidiennement. Après un léger calcul, Mathilde Barre exulte : « Ça équivaut à quatre jours d’éclairage dans une pièce en continue ! Vous vous rendez compte ? »

Mais l’étude de l’Ademe pointe aussi les « effets rebonds » provoqués par le télétravail. Cette pratique engendre des consommations énergétiques supplémentaires dans les foyers. « La lumière est tout le temps allumée, je mange deux fois plus chez moi, et bientôt, je vais devoir augmenter le chauffage », tempère ainsi Isadora Valluy, responsable pédagogique dans un collège du nord parisien. Elle habite à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), et est en télétravail depuis début septembre. Si elle se félicite d’économiser « une heure de trajet par jour, aller-retour » (soit environ 150 kilomètres par semaine), elle s’inquiète de “la facture énergétique de mon domicile [qui] va grimper”.

« Ces effets rebonds réduisent en moyenne de 31% les bénéfices environnementaux du télétravail », confirme Jérémie Almosni. Pour que le télétravail soit réellement bénéfique à l’environnement, l’Ademe recommande donc de limiter plusieurs facteurs. À commencer par les flux vidéos : une minute de visioconférence émet un gramme de CO2. L’Agence explique aussi qu’un salarié doit limiter le chauffage ou les éclairages inutiles. Elle conclut en précisant que les bénéfices du télétravail seraient limités si « des étapes du trajet domicile-bureau », comme aller chercher les enfants à l’école, étaient maintenues.