Bordeaux Métropole vote une motion contre la 5G

Pour Bordeaux Métropole, qui fait l’objet d’une expérimentation de la 5G depuis deux ans, cette nouvelle technologie n’est rien d’autre qu’un “synonyme à terme d’une très forte consommation d’énergie par la sollicitation des antennes et des serveurs”. Elle a voté, vendredi 25 septembre, un moratoire sur ce réseau et un report du processus d’attribution des fréquences, normalement lancé la semaine prochaine.

Face aux déclarations du Président Emmanuel Macron, qui avait reproché aux critiques de la 5G de refuser le “tournant de l’innovation” et les avait comparé à des “Amish”, le conseil métropolitain a répondu. Composé majoritairement par le PS et les Verts, ce dernier a demandé au gouvernement “une étude globale et indépendante des impacts climatiques, environnementaux, sanitaires, technologiques et financiers” de la 5G, ainsi qu’un débat public, et le droit pour les communes d’invoquer le principe de précaution. Déjà, mi-septembre, le maire écologiste de Bordeaux, Pierre Hurmic, avait signé avec quelque 70 élus de gauche une tribune dans le Journal du Dimanche, demandant un moratoire sur la 5G, deux semaines avant le coup d’envoi des enchères.

Si la 5G offrira un débit beaucoup plus élevé que la 4G actuelle, le conseil craint une “hausse du niveau d’exposition de la population aux ondes avec potentiellement un effet cocktail, phénomène encore mal connu dont les conséquences sur notre santé n’ont pas encore été mesurées”. Pour augmenter le volume de données, la 5G utilisera une bande de fréquence beaucoup plus haute que le téléphone mobile actuelle.

Le débat autour de la 5G a pris subitement de l’ampleur ces dernières semaines en France, attisant un clivage profond cinq ans après le début des préparatifs. Les principales économies mondiales en Asie, en Amérique du Nord ou en Europe ont déjà achevé leurs enchères, et pour certaines, lancé les premières offres commerciales. Les opérateurs (Orange, SFR, Bouygues, Free) ont, en parallèle, temporairement mis de côté leurs rivalités pour défendre leurs investissements futurs, 2,17 milliards d’euros au minimum pour les 11 “blocs” de fréquences en jeu.