INFOGRAPHIES. Dans les pays occidentaux, on se préoccupe moins du changement climatique

Les résultats d'une étude réalisée par le Reuters Institute révèlent le niveau d'inquiétude quant au changement climatique en fonction des pays. Et c'est en Europe occidentale et aux Etats-Unis qu'il est le plus bas.

Chaque année, le Reuters Institute publie un rapport sur la consommation d’informations à travers le monde. Celui de 2020 intègre une nouvelle donnée, qui est l’intérêt porté au changement climatique. Et un constat interpelle : dans les pays occidentaux, notamment les plus développés, on se préoccupe moins du réchauffement de la planète. 

Si tous les pays ne figurent pas au classement, on constate tout de même que c’est en Amérique Latine, en Asie et en Afrique que les sondés considèrent le plus le changement climatique comme un problème “très sérieux”, avec notamment 90% des Chiliens et des Kenyans. A l’inverse, ils sont moins de 50% dans certains pays d’Europe occidentale tels que la Suède, la Norvège et les Pays-Bas. En France, ce sont 63% des sondés.

Partout dans le monde, les citoyens sont de plus en plus préoccupés

C’est la première fois que le Reuters Institute réalise une telle enquête, et il aucune explication n’est donnée sur les disparités entre pays. Néanmoins, une étude similaire effectuée en 2015 par le Pew Research Center permet de comparer ces données et de voir leur évolution dans le temps. Dans la totalité des pays étudiés, le nombre de personnes considérant le changement climatique comme un problème “très sérieux” a augmenté. En Pologne, par exemple, il a plus de triplé. En France, l’évolution a été plus modérée, passant de 56% à 63%.

Reste qu’un bon nombre de citoyens de pays développés affirment que le changement climatique n’est “pas un problème du tout”. Les Etats-Unis et l’Australie figurent en première et troisième position. En effet, 12% des Américains et XX des Australiens, pourtant témoins de gigantesques incendies ces derniers mois dans leur pays, balaient le problème d’un revers de main. A la seconde place, on retrouve étonnement la Suède, pays d’origine de la jeune militante Greta Thunberg. Un constat qui peut interpeler, quand on sait que les pays scandinaves font partie de ceux qui ont des politiques environnementales les plus ambitieuses.

Dans le détail, on s’aperçoit que cette perception peut évoluer selon les partis politiques. C’est le cas aux Etats-Unis. Si 89% des Américains votant à gauche disent considérer le changement climatique comme un problème “très sérieux”, ils ne sont que 18% à droite. Un clivage saillant, à moins de deux mois de l’élection présidentielle. Alors que Donald Trump a retiré le pays de l’Accord de Paris de 2015, son opposant Joe Biden a promis, s’il est élu, de redevenir signataire et d’atteindre la neutralité carbone en 2050.