Photo grèves climat 25 septembre 2020

EN IMAGES — De Tokyo à la Tanzanie, masqués ou à distance… Tour du monde des actions des jeunes pour le climat

Près d’un an après la dernière marche mondiale pour le climat, la jeunesse est de retour dans la rue vendredi 25 et samedi 26 septembre. La pandémie n’a pas éclipsé les revendications.

Ils ressortent de nouveau leurs pancartes et leurs traits de maquillage vert en dessous des yeux. Vendredi 25 septembre, des jeunes du monde entier ont prévu de mener des grèves scolaires pour protester contre le manque d’action dans la lutte contre le dérèglement climatique. Pour cette première mobilisation depuis un an, les collégiens, lycéens et étudiants comptent montrer que la pandémie de Covid-19 n’a pas affecté la lutte contre la crise climatique. Surtout après les (nouveaux) records de chaleur de l’été. 

Nous allons continuer le combat car nous n’avons pas le choix, c’est une question de vie ou de mort pour trop de gens”, a assuré la militante suédoise Greta Thunberg, qui a lancé Fridays for Future (“les vendredis pour le futur”) il y a deux ans. Près de 3 000 événements sont prévus à travers le monde. 

  • A Paris, un “camp climat” pour occuper le plus de place possible

En France, le mouvement Youth for Climate appelle la jeunesse à se mobiliser. D’abord vendredi midi par des rassemblements dans les établissements scolaires pour débattre de la crise écologique, puis lors d’une trentaine d’événements organisés sur tout le territoire vendredi et samedi. À Paris, un “camp climat” est prévu, samedi, pour occuper “une grande place et ses rues adjacentes”. “Il faut se réapproprier l’espace public, estime Noé Gauchard, 20 ans, étudiant à Paris en sciences sociales et membre de Youth for Climate France. Nous invitons les citoyens à entrer en résistance et inventer un monde nouveau”

Il n’y aura pourtant pas de marche à Paris. D’abord pour des raisons de distinction sociale, mais aussi, selon Noé Gauchard, “parce que nous avons beaucoup manifesté pour demander des choses au gouvernement, mais nous n’avons été ni écoutés ni bien reçus”. L’attaque à l’arme blanche dans le 11e arrondissement de Paris va toutefois freiner les possibilités de rassemblements.

  • A Berlin, l’avenue du 17-juin déborde de monde

De la porte de Brandebourg à la Colonne de la Victoire, sur l’avenue du 17-juin de Berlin, les manifestants ont crié leur slogans pour la lutte contre le changement climatique. Déjà, en 2019, les dizaines de milliers de Berlinois s’étaient rassemblés dans la capitale allemande.

Ce vendredi, ils étaient presque 10 000 selon la police, plus de 20 000 selon les organisateurs, à défiler dans la capitale allemande. Masqués, à vélo ou sous leur parapluie, ils ont convergé vers l’emblématique Porte de Brandebourg.

  • À Hambourg, Cologne, Bonn, des manifestants séparés par un mètre de distance

Selon les décomptes des polices locales, les manifestants étaient aussi 7000 à Cologne, plus de 6000 à Hambourg et autant à Fribourg. Dans cette dernière ville, un concert était organisé avant un grand repas, et ils était déjà plus d’un milliers à se rassembler dans le centre-ville vers 11 heures.

A Bonn, ville de 300 000 habitants, 3000 personnes sont rassemblées… avec un mètre de distance. En raison de la pandémie de Covid-19, les autorités locales souhaitaient limiter le nombre de participants. À Munich, qui connaît des taux d’infection élevés, la manifestation a dû être annulée et remplacée par un rassemblement de 500 participants.

 

  • A Varsovie, l’action européenne en ligne de mire

Les jeunes qui ont défilé à Varsovie, en Pologne, ont brandi des pancartes réclamant des actes de l’Union européenne. Un sommet européen extraordinaire se tiendra à Bruxelles les 1er et 2 octobre prochains. Les questions sanitaires et écologiques y seront abordées.

  • A Tokyo, des chaussures et des pancartes

À Tokyo, au Japon, le mouvement Friday for Future a organisé une mobilisation dans le quartier administratif de Nagatacho. Des Japonais ont placé leurs chaussures à côté de pancartes, sur le sol. Des manifestations sont prévues dans plus de 60 sites au Japon, vendredi.

  • A Stockholm, Greta Thunberg et pas plus de 50 personnes à la fois

En Suède, les rassemblements de plus de 50 personnes sont interdits à cause du Covid, écrit Greta Thunberg sur Twitter. Alors, nous nous adaptons. Avec son groupe de 50 personnes, la militante de 17 ans est depuis 8 heures dans les rues de Stockholm pour protester contre le réchauffement climatique. Elle le rappelle : “aujourd’hui, nous faisons la grève dans plus de 3100 endroits dans le monde !”

  • Des peintures lumineuses aux Philippines

Manifester au temps du Covid. L’association 350 Pilipinas a organisé à Quezon City, la ville la plus peuplée des Philippines, une mobilisation avec des peintures lumineuses. Une action qui vise à encourager tous les Philippins “à se joindre aux grèves mondiales pour le climat”, vendredi 25 septembre.

Vendredi, des milliers de personnes sont déjà rassemblées dans le port de Manille, menacé par la montée des eaux. 

  • En Inde, une mobilisation en faveur des agriculteurs 

A Bangalore, ville de 8 millions d’habitants dans le sud de l’Inde, la grève pour le climat est organisée en l’honneur des agriculteurs. Depuis plusieurs jours, les paysans de tout le pays protestent contre la réforme de la commercialisation des produits agricoles. Le gouvernement indien veut libéraliser la commercialisation des produits agricoles en permettant aux producteurs de vendre directement aux entreprises privées. Ce qui pourrait ne plus assurer de salaire minimum aux agriculteurs. L’agriculture emploie 50 % de la population, soit 650 millions d’Indiens.

https://twitter.com/disharavii/status/1309443187325329408?s=20

  • Des scientifiques se mobilisent en Arctique et en Antarctique 

Des scientifiques de plusieurs nationalités se sont rendus en Arctique et en Antarctique pour protester contre la fonte des glaces, vendredi. “Comme les océans, nous nous élevons !”, peut-on lire sur les pancartes. 

  • L’image du jour : une militante seule… entre les glaces de l’Arctique

Elle apparaît seule, bonnet et combinaison noire, au milieu des glaces craquelées de l’Arctique, avec une pancarte à la main : “Grève de la jeunesse pour le climat”. Mya-Rose Craig, une militante environnementaliste de 18 ans, se mobilise à sa manière. “Le temps presse, écrit la bangladaise-britannique. L’Arctique est en train de fondre, et pourrait avoir disparu à mes 30 ans. Je me rends en Arctique pour exprimer mon désespoir et l’urgence du problème.

  • De la Tanzanie à l’Afrique du Sud, des actions pour la science 

A Pretoria, la capitale de l’Afrique du Sud, des centaines de personnes ont marché vers le Département des ressources minérales, pour protester contre l’exploitation des ressources non renouvelables. Le cri de ralliement “Amandla !” est scandé dans les rues : “puissance”, en zoulou. 

Dans la province de Pwani, en Tanzanie, des enfants ont défilé en fil indienne, accompagnés de bruits de tambours et de chants. “La science n’est pas le silence”, a martelé en militant.

  • A Wellington, rassemblement devant le parlement à un mois des élections 

A moins d’un mois des élections législatives en Nouvelle-Zélande (pour élire les 120 députés néo-zélandais), un rassemblement est en cours devant le parlement de Wellington, la capitale. “Les élections sont dans moins d’un mois, faisons en sorte que ce soit une élection en faveur de l’action climatique !”, déclare les membres de Friday for Future en Nouvelle-Zélande. 

  • Aux Etats-Unis, une lutte contre l’environnement et le racisme

Même si les manifestations n’ont pas encore démarré aux Etats-Unis, de nombreux militants ont déjà prévu de défendre un lien entre les luttes pour l’environnement et contre le racisme. “La crise environnementale n’est pas seulement une question d’émissions de CO2, mais aussi de droits humains et de justice sociale”, a assuré Jamie Margolin, une étudiante américaine de 18 ans. Partout aux Etats-Unis, des conférence sur le “racisme environnemental” seront organisées dans la journée.