La reconversion de Total dans les énergies vertes provoque des remous

Le syndicat CGT de la raffinerie de Grandpuits, en Seine-et-Marne, a appelé vendredi 25 septembre à la grève, en réaction à l'annonce par le groupe Total de la reconversion du site dans les énergies vertes.

Total a annoncé jeudi 24 septembre qu’il “n’y aura plus une goutte de pétrole sur ce site (de Grandpuits, ndlr) d’ici fin 2023. Si le groupe a assuré que cela n’entrainerait pas de licenciement, il a parlé de départs à la retraite anticipés et des mobilités internes vers d’autres sites. Seul 250 postes sur les 400 que compte aujourd’hui la plateforme de Grandpuits et du dépôt associé de Gargenville (Yvelines) seraient ainsi maintenus.

L’activité actuelle, le raffinage de pétrole brut, “s’arrêtera au premier trimestre 2021”, avait annoncé jeudi le pétrolier français dans un communiqué. La France y perdra 8 % de ses capacités de raffinage et ne comptera plus que six raffineries traditionnelles.

 

Suite à une rupture du pipeline de Grandpuits en février 2019, qui a mis en lumière la fragilité de l’oléoduc, les salariés étaient convaincus que l’activité de raffinage serait arrêtée. Le député de Seine-et-Marne Jean-Louis Thiérot avait assuré qu’il exigerait les meilleurs garanties pour les salariés, quelques soient les annonces de Total.

Reconversion confirmée, les syndicats CGT et CFDT, réunis sur un des parkings du site de Grandpuits, ont appelé à se mobiliser le 6 octobre prochain devant le siège du groupe à La Défense. “Le compte n’y est pas car beaucoup de secteurs vont pâtir de cette reconversion comme la sécurité ou les laboratoires”, a déclaré Olivier Ducreux, délégué CFDT. Seul la CGT a appelé à la grève.

Le projet, au budget de 500 millions d’euros, s’articulera autour de la production de biocarburants majoritairement destinés au secteur aérien, de la production de bio plastiques, du recyclage de plastiques, et de l’exploitation de deux centrales solaires photovoltaïques.