La réforme de l’assurance chômage de nouveau reportée de trois mois

À l'issue d'une conférence à Matignon ce matin, le Medef a annoncé le report de trois mois de l'application de la réforme de l'assurance chômage.

“La réforme de l’assurance chômage qui était suspendue jusqu’au 1er janvier sera suspendue trois mois de plus”, a indiqué Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, à l’issue d’une rencontre entre le premier ministre Jean Castex, les syndicats et le patronat, ce lundi 26 octobre, à Matignon.

Initialement prévue pour le 1er septembre 2020 et reportée une première fois au 1er janvier “en raison de la situation sanitaire”, la réforme de l’assurance chômage est de nouveau “décalée au 1er avril”,  a complété le président de la Confédération des PME, François Asselin. Hors de question de renoncer à la “réforme majeure” qui doit revoir le mode de calcul de l’assurance chômage, a confirmé Jean Castex. Annoncée en juin 2019, cette nouvelle loi s’appuie sur un salaire mensuel moyen et non sur les jours travaillés pour calculer le montant reçu à la fin du mois par les demandeurs d’emploi. La réforme a aussi pour objectif de diminuer l’utilisation des contrats courts par les entreprises en instaurant un système de bonus-malus pour récompenser les bons élèves qui embauchent en CDI.

Le Premier ministre a ajouté que le gouvernement souhaitait mener à terme “toutes les autres réformes qui ont pour objectif de transformer, de moderniser notre pays, de le rendre plus fort et plus juste”, pour ensuite souligner : “plus que jamais le dialogue, la concertation sont indispensables”.

Une réforme qui ne fait pas l’unanimité

Le report est “complètement inadapté” pour Cyril Chabanier, président du syndicat chrétien CFTC. Un avis partagé par le chef de fil de la CFDT, Laurent Berger : “on est en train de faire la démonstration que cette réforme n’est pas du tout adaptée à la période”. Face à une situation économique tendue en raison de la reprise de l’épidémie, plusieurs syndicats espèrent que le gouvernement revienne sur les points chauds de cette réforme qui ne fait pas l’unanimité.