Covid-19: Les députés Rouges en blouses blanches pour dénoncer la gestion de l’hôpital

Cinq députés communistes sont apparus en blouse blanche dans la salle des Quatre Colonnes en signe de soutien aux personnels soignants.

Après le gilet jaune, le maillot d’un club de football amateur, les blouses blanches ont fait leur apparition dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale. Le député André Chassaigne et ses acolytes ont décidé, en soutien au personnel soignant mobilisé dans la lutte contre le coronavirus, de revêtir cette tunique “pour relayer le cri d’alerte, de colère et de souffrance qui émane des hôpitaux”, indique Le Parisien.

Brodées sur chaque blouse, les cartes vitales géantes étaient bien visibles. Plus qu’un logo, la carte à puce verte et jaune était portée pour “fustiger un budget pas à la hauteur” au moment même où la représentation nationale discute du budget alloué à la Sécurité sociale, dont l’épidémie de Covid-19 a creusé le déficit. 

Lors de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), le ministre de la Santé Olivier Véran a demandé une rallonge dès cette année de 2,4 milliards pour aider les établissement de santé, notamment l’ouverture de lits “à la demande” dans des hôpitaux confrontés à une hausse exponentielle des cas de Covid-19.

Un personnel de santé épuisé

Le personnel soignant avait décidé, au moment du déconfinement, de manifester un peu partout en France pour alerter sur leurs conditions de travail. Parmi leurs revendications, ils demandaient une revalorisation salariale, une amélioration de ces conditions, ainsi qu’une meilleure reconnaissance de leur métier. 

Avec le rebond de l’épidémie, de plus en plus en de soignants témoignent de leur épuisement. Selon une enquête de l’ordre nationale des infirmiers, publié en octobre 2020, plus de 40 % d’infirmiers envisagent de changer de métier. Interrogés par Le Monde, trois sociologues ont critiqué la gestion de la crise par l’exécutif . “Aucune leçon n’a été tirée de la gestion de la crise entre mars et mai : à titre d’exemple, l’approche reste centrée sur l’hôpital et continue de négliger tous les autres acteurs du système de soins (cliniques privées, médecine de ville, réseaux de soins…)”.

La deuxième vague devrait encore alourdir la facture: l’Assemblée nationale vote ce mardi un projet de budget de la Sécurité sociale où le Covid-19 a creusé de déficits abyssaux, qui risquent encore de s’aggraver face au rebond épidémique.