Darmanin proposera “la dissolution du CCIF au président” dans les prochains jours

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé mardi matin sur France Inter qu’il allait « proposer au président de la République la dissolution de BarakaCity […] et du CCIF », qu’il qualifie d’« officines islamistes ».

« Dans les jours qui viennent, je proposerai la dissolution du CCIF (collectif contre l’islamophobie) au président de la République et au Conseil des Ministres, après un contradictoire », a affirmé catégorique ce mardi matin, Gérald Darmanin dans le 7/9 de France Inter. Il récuse l’existence de cette association qu’il considère être une « officine islamiste qui ne condamne pas les attentats », dans un entretien publié lundi sur le site de Libération. 

« Cette association est une officine contre la République. Elle considère qu’il y a une islamophobie d’Etat, tout en étant subventionnée par l’Etat français puisque ses donateurs bénéficient par ailleurs de reçus fiscaux. Il est temps d’arrêter d’être naïf avec ces officines sur notre sol », assène le ministre de l’Intérieur dans l’article de Libération. « C’est une officine islamiste qui invite des islamistes radicaux. C’est le cas de M. Hani Ramadan [frère de Tariq Ramadan], il y en a d’autres », souligne le ministre.

“Le soupçon de solidarité avec les terroristes en cas de silence”

Dans un communiqué publié lundi 26 octobre, le CCIF craignait pour sa survie et souhaite préserver “sa liberté d’action” en s’internationalisant. “En tant que défenseurs des libertés fondamentales des musulmans, notre association et nos équipes ne sont plus en sécurité en France”, déplorent ses auteurs. L’association se défend de son implication dans l’assassinat du professeur d’histoire-géographie Samuel Paty le jeudi 16 octobre : « Depuis une semaine, des personnalités politiques, des polémistes et certains médias ont essayé, par tous les moyens, d’impliquer le CCIF dans l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine ». « L’accusation dont nous faisons l’objet est une illustration extrême de ce que subissent de nombreux musulmans en France : le soupçon de solidarité avec les terroristes en cas de silence, et l’accusation de dissimulation hypocrite (taqiyya) en cas de prise de parole », poursuit le communiqué.

Sur les ondes de France Inter, ce mardi matin, il a également aévoqué « la dissolution de BarakaCity » qu’il proposera mercredi au président. Cette association humanitaire musulmane, installée à Evry-Courcouronnes (Essone), est ciblée par l’exécutif depuis plusieurs années pour son avis flou sur les attentats terroristes. Pour Gérald Darmanin, Barakacity et le CCIF sont « des officines islamistes qui n’ont rien à faire sur le sol de la République ».

Frédéric Veaux, le directeur général de la police nationale (DGPN) a annoncé le 25 octobre le renforcement des mesures de sécurité pour « les associations et lieux de culte » dans une note que FranceInfo a consultée. “La France est la cible d’une menace terroriste élevée”, rappelle le chef de la police nationale, qui annonce que cette menace a été “réitérée ce jour [le 25 octobre] dans un communiqué de l’agence Thabat, proche de l’organisation terroriste Al-Qaida”.