Femme de dos - illustration PIXNIO

Violences conjugales : 16 centres pour accompagner leurs auteurs seront créés d’ici fin 2020

Elisabeth Moreno, la ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, a expliqué que cette mesure vise en même temps à "protéger les femmes" et à "éviter la récidive".

D’ici la fin de l’année, seize premiers centres de suivi et de prise en charge des auteurs de violences conjugales seront ouverts en France, a annoncé ce mardi matin la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Elisabeth Moreno, sur LCI.

Invitée politique de la matinale d’Elisabeth Martichoux, la ministre a expliqué que cette mesure vise en même temps à “protéger les femmes” et à “éviter la récidive”. “Ces personnes sont prises en charge d’un point de vue psychologique, d’un point de vue médical, et on les aide ensuite dans la réinsertion professionnelle”, a‑t-elle indiqué, précisant que l’accompagnement était d’une part médical avec des médecins psychothérapeutes et psychologues (prenant en compte les addictions), et d’autre part qu’un suivi par la justice serait assuré. Un accompagnement socioprofessionnel visant l’insertion dans l’emploi est aussi prévu.

C’est une des mesures phares du “Grenelle contre les violences conjugales” qui a été lancé le 3 septembre 2019. Au total, 30 structures d’accompagnement des auteurs de violences conjugales sont prévues d’ici deux ans, a rappelé dans un communiqué le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Plus de 210 000 femmes sont victimes de violences conjugales chaque année en France et l’année dernière, 146 ont été tuées par leur compagnon ou ex, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis 2012.

Eviter une récidive en les éloignant du foyer

Les seize candidatures retenues pour la mise en place de ces centres sont éparpillées sur tout le territoire métropolitain et également en Outre-Mer. Les villes choisies sont : Arras, Aurillac, Avignon/Hyères, Besançon, Creil, Fort-de-France, Limoges, Lorient, Magny-le-Hongre (Seine-et-Marne), Montpellier, Nancy, Rouen, Saint-Paul (La Réunion), Strasbourg, Tours, ainsi qu’en Guyane.

Le gouvernement s’est inspiré du Home des Rosati, le premier foyer d’hébergement pour auteurs de violences conjugales, qui a été créé à Arras en 2008 et qui figure donc dans la liste des projets retenus. Cette structure a pour but de responsabiliser ces personnes violentes et de les éloigner un moment du foyer familial pour éviter une récidive. Conformément aux engagements du “Grenelle”, les centres sont cofinancées à 70% par l’État et à 30% par des collectivités et partenaires privés. Le budget est de 800 000 € pour 2020 et de 4 millions d’euros pour l’année prochaine, a précisé le ministère.