Ces expositions que le Covid a converties au web

Face à l'interdiction d'accueillir des visiteurs, plusieurs musées parisiens ont adapté leurs expositions au web, sous des formes très variées.

« Si tu ne viens pas au musée, le musée viendra à toi » écrit sur son site le musée de l’Ordre de la Libération en paraphrasant Lagardère, célèbre personnage du Bossu. Puisque le coronavirus empêche les musées d’ouvrir, ceux-ci investissent la toile et exportent leurs collections en ligne, chacun avec ses moyens et sa communication.

Deux expositions fraîchement débarquées en ligne en sont de bons exemples sous des formes différentes. D’abord celle de la Cité des sciences et de l’industrie sur le jean, dévoilée en avant-première le mardi 8 décembre. « L’exposition devait être interactive : les visiteurs auraient pu toucher les tissus par exemple. Comme c’est impossible, nous avons intégré des éléments d’interaction dans la présentation en ligne », précise Sophie Lecuyer, commissaire de l’exposition. L’évènement prend la forme d’une visite guidée filmée et animée en live par les commissaires et conservateurs. Pour l’interactivité, les visiteurs internautes pourront poser des questions à leurs guides. Rendez-vous sur Youtube dès 18 heures ce mardi 8 décembre.

Le musée de l’Ordre de la Libération a lui aussi rendu son exposition « 1940 ! Paroles de rebelles », accessible en ligne. La vidéo disponible sur Youtube allie prises de vues des vitrines de l’exposition et vidéos complémentaires, le tout commenté par les commissaires et conservateurs du musée. La forme est moins interactive mais enrichie d’éléments qui ne figurent pas dans l’exposition de base comme les témoignages de Compagnons de la Libération. « Paroles de rebelles devait être inaugurée en juin, mais le coronavirus a retardé son ouverture en septembre. Ce n’est que là que nous avons réfléchi à en faire une version numérique », explique Pauline Fabry, chargée de la communication du musée. 

Ces adaptations semblent même se généraliser, au-delà de la crise du coronavirus. « Le digital et l’interaction en ligne feront désormais partie de notre travail avant de lancer une exposition », ajoute Pauline Fabry. Reste la question de la gratuité de ces visites virtuelles qui peut peser sur le budget des musées. Le Louvre, musée le plus visité au monde, propose par exemple ce genre de service gratuitement depuis 2015. Des expositions et des salles entières sont disponibles en ligne, avec une interface permissive où le visiteur se déplace où il le souhaite et peut admirer les pièces sous toutes les coutures. La crise du coronavirus pourrait inciter d’autres musées à faire de même pour maintenir l’accès à la culture pour tous.