Île de France Mobilités confirme une ouverture à la concurrence progressive dès 2023

 

La présidente de la région Île de France, Valérie Pécresse, a présenté, le 9 décembre, un calendrier d’ouverture à la concurrence de certaines lignes de tramway, transiliens et RER dès 2023.

Le temps des monopoles de la SNCF et de la RATP est donc compté. Île de France Mobilités (IDFM), l’autorité régulatrice des transports franciliens, a entériné ce mercredi 9 décembre un calendrier d’ouverture à la concurrence s’étalant de 2023 à 2039. Dans les faits, des entreprises privées pourront se voir confier la gestion de lignes jusque-là opérées par la RATP et la SNCF. Les deux entités deviendront alors des candidats parmi d’autres lors des futurs appels d’offres lancés par IDFM. Une nouvelle organisation qui répond aux objectifs de la loi d’orientation des mobilités (dite LOM) votée en 2019 sur la base d’une directive européenne.

Quelques heures avant la signature du plan de transport 2020–2023, accompagné de son nouveau cahier des charges, plusieurs syndicats cheminots ont manifesté leur inquiétude devant le siège d’Île de France Mobilités.

Pour aller plus loin: Transports franciliens : pour les cheminots, l’ouverture à la concurrence c’est “la fin du service public”    https://ateliers.cfjlab.fr/2020/12/09/ouverture-a-la-concurrence-des-transports-franciliens-les-cheminots-entrent-en-resistance/?fbclid=IwAR1h4VQqRclykcjLftiBvlUJElQ1ySJB6wBJhku6PmSSzx8YCBLBxLOD4SQ

De son côté, la présidente de la région, Valérie Pécresse, estime que cette ouverture à la concurrence engendrera une « saine émulation des opérateurs sur la qualité de service et le prix ». Dans la ligne de mire de l’élue LR : l’Allemagne, dont le système ferroviaire a été ouvert à la concurrence en 1994 et enregistre depuis des « gains de productivité importants ».

Pour prévenir une fin « brutale » du monopole ferroviaire, IDFM a présenté un calendrier progressif de mise en concurrence sur plus de 10 ans :

  •     Fin 2023 : les trams-trains T4 et T11 ainsi que le transilien P.
  •     Fin 2024 : les tramways T12 et T13, en construction.
  •     Fin 2025 : les transiliens J et L, au départ de la gare Saint-Lazare.
  •     Fin 2026 : les transiliens N et U, au départ de la gare Montparnasse.
  •     Fin 2027 : les transiliens P et E, au départ de la gare de l’Est.
  •     Fin 2028 : les transiliens H et K, au départ de la gare du Nord.
  •     Fin 2032 : les RER D et C.
  •     2039 : les RER A et B, pour l’heure exploités conjointement par la SNCF et la RATP.

Le nouveau PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou se fixe d’ores et déjà une feuille de route : « faire le maximum pour conserver le plus de lignes ». Et pour cause, les deux tiers des voyageurs transportés par la SNCF sont des usagers du réseau francilien.

Présentant une émission hebdomadaire dédiée aux transports sur France 3 IDF, Bertrand Lambert s’interroge : « Demain, que va-t-il se passer quand il y aura trois trains de trois compagnies différentes qui devront passer au même endroit ? ». Le journaliste poursuit : « Quand on entre dans un poste de contrôle centralisé, les agents de la RATP travaillent aux côtés de ceux de la SNCF. A l’avenir, il pourra donc y avoir une multiplication des acteurs, au risque que ça devienne une véritable usine à gaz. »

L’heure est en revanche à l’optimisme chez Île de France Mobilités. Sa présidente, Valérie Pécresse, a notamment martelé une augmentation significative du budget 2020–2023 dévolu aux transports en communs. Une enveloppe de 8 milliards d’euros a ainsi été votée le 9 décembre, ce qui constitue un doublement par rapport à la période précédente. De quoi financer l’acquisition de nouveaux matériels plus « confortables ».

Valentin BERTRAND