Ouverture à la concurrence des transports franciliens: les cheminots entrent en résistance

 

Mercredi 9 décembre, devant le siège d’Ile-de-France Mobilités, différents syndicats de cheminots se réunissaient pour protester contre le projet d’ouverture progressive à la concurrence des transports franciliens.

 

À ceux qui veulent casser les services publics, les cheminots répondent : Résistance !” Devant le siège du Syndicat des transports d’Île-de-France (ex-Stif), devenu Ile-de-France Mobilités, une marée de drapeaux verts et rouges, aux couleurs de SudRail, CGT et Force Ouvrière, se distingue à travers le nuage de fumée opaque créé par les feux de détresse. Ce mercredi matin, 250 à 300 personnes ont bloqué la rue de Châteaudun, en plein centre de la capitale. Leur objectif était clair : montrer leur détermination et faire passer un message, alors que la SNCF signe aujourd’hui son nouveau contrat avec Ile-de-France Mobilités, qui prévoit notamment l’ouverture à la concurrence dans les prochaines années. 

Concurrence : fin du service public” proclame la banderole traversant la rue. Le caractère public du transport ferroviaire, les cheminots présents ce matin y sont attachés. “La RATP, la SNCF, c’est un service public, c’est notre patrimoine, je suis contre son démantèlement”, explique Linda, syndicaliste CGT de 44 ans qui travaille au dépôt d’Asnières. “La SNCF fait partie de notre vie : ce sont nos parents qui ont payé les trains et construit les gares”, renchérit Manuel Texeira, ému, qui travaille sur le ligne J du transilien. 

Crédits: Victor Dépois

Les cheminots s’inquiètent pour leurs conditions de travail, mais aussi pour le service public des transports, qu’ils craignent de voir disparaître. “Nous, on va perdre notre statut de cheminot, mais les usagers verront aussi une augmentation des tarifs pour une baisse de la qualité de services”, se désole Jonathan Perrinet Arraut, représentant syndical CGT RATP. Il craint notamment une augmentation du risque d’accidents ou encore des trains et stations moins bien entretenus.

Une délégation de représentants syndicaux, ayant pour objectif de rencontrer Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, a été reçue par un adjoint du conseil.“Je peux vous dire que Pécresse, elle va s’en mordre les doigts”, menace Fabien Villedieu, délégué syndical Sud Rail. Même s’ils n’ont pas vu Valérie Pécresse, ils espèrent que le message est passé. “On leur a dit : vous avez vu ce qu’il s’est passé l’année dernière, pendant les grèves ? Et bien si vous ouvrez à la concurrence, ce sera rien à côté de ce qu’on fera demain ! ” Face à lui, la foule applaudit, l’air déterminé, et se donne rendez-vous le 17 décembre pour une grève à la RATP. 

Léo Seux, Victor Dépois et Zoé Pinet