Un dernier hommage à Valéry Giscard d'Estaing

Un dernier « au revoir »

Ce mercredi, c’est jour de deuil national en hommage à Valéry Giscard d’Estaing, décédé le 2 décembre. Le musée d’Orsay a exceptionnellement ouvert ses portes en pleine période de confinement pour les quelques français qui souhaitaient lui rendre un dernier hommage.

« Tant pis pour l’amende !  Le confinement n’a pas d’importance pour moi quand il s’agit de dire un dernier au revoir à un grand homme politique ». Guilheme Sylvestrine, conférencière de 60 ans, se décrit comme une « inconditionnelle de Valéry Giscard d’Estaing ». Comme quelques Français idolâtres de cet ancien président de la République qui s’est éteint le 2 décembre, elle s’est rendue en pleine période de confinement au musée d’Orsay pour lui rendre un dernier hommage. Place à l’émotion. L’ambiance y est hautement solennelle ce mardi dans ce lieu symbolique que Valéry Giscard d’Estaing a lui-même fondé. Elle salue cet homme qu’elle qualifie de « grand président ». « Il a su réformer la France et donner un nouveau souffle à la culture ».

Dans l’enceinte du musée, il n’y a pas foule. Les quelques admirateurs très peu nombreux défilent, surveillés par la garde nationale. Ils y adressent un dernier message à VGE. « Un Immense merci », écrit sur le livre d’or Phillippe Valin, un quinquagénaire profondément ému par cette disparition. Larme à l’œil, il se rappelle de l’importance qu’a eue ce président sur sa vie : « Il se trouve que je l’ai bien connu. Il a inspiré ma jeunesse, mon engagement politique. Je n’ai jamais cessé de regarder son œuvre ». La modernité est ce que représente Valéry Giscard d’Estaing à ses yeux. « Il est bien dommage de voir que les nouvelles générations ont oublié cet homme, se désole-t-il. Il faut faire maintenant de la pédagogie sur ce qu’il nous a laissé en héritage. Et d’une certaine manière Emmanuel Macron s’en inspire. »

“C’est le premier président dont je me souviens”

De l’accès à l’IVG à la majorité à 18 ans, VGE est considéré comme un réformateur. Une raison de plus pour Yves Nofret d’adresser un dernier hommage « à cet homme qui a agi ». « Je suis venu car c’était un président qui a œuvré pour une société qui voit loin. » Dans le livre d’or, il a pris soin de reproduire la toute fin de son intervention lorsqu’il a été élu président de la République le 27 mai 1974. « Ce sont des mots forts qui invitent la France à une ère nouvelle », explique-t-il.

L’heure est donc à la nostalgie. «  VGE c’est le souvenir d’une période fructueuse mais néanmoins idéalisée », s’exclame Loic Caron.  Lui a connu Valéry Giscard d’Estaing durant son adolescence et en garde un doux souvenir : « J’ai aujourd’hui 58 ans et quand il a été élu président j’avais 12 ans. C’est le premier président dont je me souviens vraiment. J’avais carrément une affiche à son effigie dans ma chambre, c’est dire à quelle point je l’appréciais, raconte-t-il sourire aux lèvres. Cet hommage est un moment d’introspection qui nous pousse à nous demander ce qu’on retient de cette époque. En ce qui me concerne j’ai un profond respect pour cet homme. »

Sans surprise, parmi ces quelques quinquagénaires s’agglutinant devant le livre d’or, la jeunesse n’est cependant pas au rendez-vous. Signe d’une période giscardienne révolue et d’un président oublié. Thomas, 23 ans, est bien l’un des seuls de sa génération à adresser des remerciements à un président qu’il n’a pourtant pas connu : « Qu’il n’y ait pas de jeune, cela n’est pas étonnant. Personnellement je viens quasiment toutes les semaines au musée d’Orsay pour mes études. Il est donc tout à fait normal que j’adresse un remerciement à l’homme qui en fut le fondateur. »