Inauguration en ligne de l'exposition sur le jean à la Villette

Un vernissage en ligne pour l’exposition sur le jean à la Villette

A une semaine d’une possible réouverture, la Cité des Sciences de la Villette innove avec un vernissage virtuel de l’exposition « jean ». Dédiée au denim sous toutes ses coutures, elle a été inaugurée en ligne, mardi 8 décembre, pour s’adapter à un contexte sanitaire incertain.

Yarol Poupaud, le guitariste emblématique de Johnny Hallyday, Elodie Fregé, juré de la Nouvelle Star, ou encore Caroline de Maigret, productrice de musique et ancien mannequin. Tous sont mis à l’honneur dans l’exposition temporaire « jean ». Inaugurée le 8 décembre dans sa mouture numérique, elle invite l’internaute à découvrir de grands noms du rock et de la variété française à travers leur relation à l’indémodable tissu indigo (8 euros en plein tarif, 4 euros pour les abonnés).  Ainsi se clôt l’année 2020 à la Cité des sciences de la Villette qui prépare en parallèle le retour des visiteurs dans ses galeries. Une manière de rebondir après deux confinements et un couvre-feu, limitant la possibilité d’organiser de façon traditionnelle ce type d’évènement qui ameute traditionnellement foule d’experts, de passionnés et de badauds.

Un tissu (à) complexe

« C’est super le jean pour nettoyer les vitres et les miroirs », déclare Elodie Frégé en admirant la grande variété de pièces de denim présentées par la Cité des sciences et de l’industrie aux internautes connectés au vernissage en ligne.

La chanteuse, connue pour son excentrisme, se dit assez « complexée » face au « mur de fesses » qui accueille le visiteur dès l’entrée. « Je ne mets plus de jeans depuis plusieurs années: c’est une sorte de collant épais, ça montre énormément de choses… », ironise-t-elle. Elle est néanmoins séduite par la promotion du jean propre : « je suis touchée par la démarche d’upcycling (recyclage de la matière, ndlr), par le sort de ces jeans que l’on jette après un usage unique comme des amants d’un soir ».

Le cinq-poches est un habit des plus complexes à produire. Différentes machines à tisser sont présentées pour démystifier la production du vêtement à partir de chutes de tentes. De quoi rendre indissociables les cow-boys et l’industrie. Il requiert un processus de fabrication long et polluant dans la plupart des cas. 73 jeans sont pourtant vendus toutes les secondes dans le monde. 

Face à ce constat, Sophie Lécuyer, une des deux commissaires, explique aux internautes que l’exposition « jean » a pour objet de rappeler les dangers de la surproduction engendrée par la fast fashion. « On a une surconsommation d’eau à toutes les étapes de production, des solvants et des pesticides qui polluent les sols et l’eau, et souvent des conditions de travail déplorables pour produire un jean à bas coût », déplore-t-elle.

Résilience et résisance

« Nous avons commencé ce projet il y a deux ans, tout était donc prêt lorsqu’un deuxième confinement a été annoncé fin octobre », assure Sophie Lécuyer. « A l’origine, on souhaitait faire des jeux basés sur les textures liées aux tissus, mais on a vite compris que ce n’était pas possible », précise la commissaire de l’exposition.

A la place, le visiteur pourra créer son jean grâce à un détecteur de mouvements, accéder à une liste de lecture thématique ou encore faire une simulation de défilé de mode sur fond vert. Si l’interaction derrière un écran est encore limitée, le visiteur « en distanciel » pourra tout de même profiter d’une visite commentée et poser des questions aux commissaires de l’exposition.

« Jean » sera ouvert au grand public (à partir de 9 ans), dès le 18 décembre, en ligne et à la Cité des sciences et de l’industrie de la Villette, et ce jusqu’au 22 janvier 2022.