Au procès des décrocheurs de portraits d’Emmanuel Macron, “on s’attendait à une relaxe au nom de la liberté d’expression”

Cinq ans après les accords de Paris pour le climat, sept militants écologistes ont été condamnés ce jeudi 10 décembre à une amende pour avoir décroché un portrait du président Emmanuel Macron. Pour eux, les actions de désobéissance civile restent la meilleure arme pour lutter contre le changement climatique. 

Ils ont été condamnés à 500 euros d’amende avec sursis pour avoir décroché des portraits officiels d’Emmanuel Macron en 2019. Accusés de « vol en réunion » et de « complicité de vol en réunion », sept militants du mouvement ANV-COP 21 (Action non-violente COP 21) comparaissaient devant la cour d’appel de Paris ce jeudi 10 décembre au matin. L’un de ces décrocheurs, Cécile Marchand, affirme à CFJ Lab qu’ils comptent se pourvoir en cassation. 

La cour d’appel de Paris a réduit votre peine prononcée en première instance. Que pensez-vous de cette décision ?

On est vraiment déçus, on s’attendait à une relaxe au nom de la liberté d’expression. Car il y en a eu beaucoup ces derniers temps concernant des décrocheurs. Cette décision est injuste. En nous condamnant, la justice montre qu’elle ne reconnaît pas la légitimité de nos actions. En nous condamnant avec sursis, elle nous incite à ne pas recommencer. Pourtant, nous faisons seulement notre devoir de citoyen en menant des opérations de désobéissance civile.

En quoi considérez-vous ces actions de désobéissance civile nécessaires ?

Evidemment, le fait de décrocher le portrait d’Emmanuel Macron n’a pas changé sa politique, ni fait diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Mais elles ont permis d’interpeller l’opinion publique. D’ailleurs, on l’a vu, le fait de parler de ces décrochages dans le débat public a contribué à entacher la crédibilité du président sur ces questions-là. Derrière le décrochage de tableau, l’idée était de dénoncer l’écart abyssal entre les discours d’Emmanuel Macron sur l’écologie et sa politique. On est face à un président qui fait de l’écologie un argument électoral alors que la réalité de sa politique sur l’environnement est catastrophique.

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La justice a‑t-elle un rôle à jouer dans ce combat écologique ?

Le message qu’on portait il y a presque deux ans est toujours autant d’actualité aujourd’hui, cinq ans après les accords de Paris. Emmanuel Macron piétine ce qui a été décidé. Plus récemment, il y a eu la Convention Citoyenne pour le Climat, dont la plupart des mesures n’ont pas été respectées. Et pendant ce temps, le gouvernement multiplie les opérations de communication sur l’écologie. Face aux manquements de l’exécutif, il faut que le judiciaire prenne ses responsabilités et se pose des questions sur son rôle face à l’urgence climatique.

 

Propos recueillis par Zoé Pinet