Philippe Aubry, maître de conférence à Paris 6 : “Il faut que les étudiants et les enseignants se retrouvent à l’université”

Ce jeudi après-midi, plusieurs centaines de personnes se sont mobilisées place Jussieu à l’appel de l’intersyndicale de l’Enseignement supérieur. Philippe Aubry, maître de conférence en informatique à l’Université Paris 6 et secrétaire général du syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP-FSU) explique leurs combats, de la lutte contre la LPR à la réouverture des Universités en passant par la loi dite “sécurité globale” et la précarité.

Pourquoi est-il important pour vous de se mobiliser ? 

“C’est important pour continuer à dire toute notre opposition à la loi de Frédérique Vidal (Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation). Elle a fait passer cette loi en force, avec des amendements sortis du chapeau au dernier moment, pour qu’ils ne soient pas discutés par la fédération universitaire l’an passé. On est aussi présents aujourd’hui pour se mobiliser face au problème du grignotement des libertés académiques et des libertés générales. Le problème a évolué depuis un certain temps au-delà des seules universités, avec la loi sécurité globale en particulier.”

Quelles sont vos relations avec les étudiants en cette période de grève et de crise sanitaire ? 

“La quasi fermeture des universités est très problématique pour nous en cette période. J’ai mon bureau derrière — à la Sorbonne Université Campus Pierre et Marie Curie — , il n’y a pas grand monde dans l’université depuis plusieurs semaines ! Les étudiants, on ne les voit même pas, on a très peu de contact avec eux. Pour eux, il est difficile de suivre leurs études dans des conditions correctes. Certains m’ont expliqué être tout seul dans un petit studio. C’est très difficile, beaucoup d’étudiants nous en ont parlé.” 

Plusieurs centaines de personnes se sont mobilisées place Jussieu à l’appel de l’intersyndicale de l’Enseignement supérieur.

Quelles sont vos revendications avec le SNESUP-FSU

“Nous demandons depuis un moment une reprise progressive du présentiel, dans le respect des règles sanitaires bien sûr. Il faut que les étudiants et les enseignants se retrouvent à l’université parce que c’est très compliqué de travailler efficacement dans cette conjoncture. J’espère qu’on va se faire entendre. Mais pour pouvoir reprendre dans de bonnes conditions, il faut aussi des moyens. A l’heure actuelle, rien n’est fait pour pouvoir accueillir les étudiants dans un contexte sanitaire correct. Il nous faut aussi bien sûr des postes supplémentaires, mais c’était déjà le cas avant la crise sanitaire.”

Propos recueillis par Lucile Pascanet et Camille Souhaut