2022 ou jamais : à la recherche d’un candidat unique à gauche

 Affiches des candidats à l'élection présidentielle de 2017 à Strasbourg - © Stocklib / adrianhancu - 23 avril 2017

 

À ce jour, seul Jean-Luc Mélenchon est candidat à l'élection présidentielle de 2022. Mais 2022 ou jamais, association créée ce lundi, entend donner à l'union des gauches un candidat unique et représentatif pour exister face au duel annoncé Macron - Le Pen.

“Avoir le moins de candidats possible est la condition de la victoire”. Cofondateur de l’association 2022 ou jamais, Samuel Grzybowski entend peser dans “l’élection du siècle” de l’année prochaine. Créée ce lundi par des partisans de l’union des gauches, l’association a pour ambition de désigner un candidat unique à la présidentielle de 2022, après “cinq ans de libéralisme ou de néofascisme”. Plus concrètement, selon les partisans, elle serait une alternative au duel Emmanuel Macron — Marine Le Pen, déjà donné en tête des sondages.

Soutenu entre autres par les dirigeants du Festival des idées, l’ancien député PS Christian Paul et le journaliste d’Alternatives économiques Guillaume Duval, 2022 ou jamais est le fruit d’une initiative du collectif La Rencontre des Justices, fondée par le même Samuel Grzybowski. Ce collectif se définit sur son site comme “400 jeunes activistes et entrepreneur·e·s de toutes les causes” qui “portent un seul message : 
nous voulons faire gagner l’écologie et la solidarité dans la décennie à venir, à commencer par 2022.”

La plateforme sera mise en ligne début mars. L’association de six salariés, dont le capital financier est de 300 000 euros, aura pour directeur général le fondateur du mouvement Générations cobayes, Martin Rieussec. Au sein de son bureau figurent la sociologue Dominique Méda, conseillère de campagne de Benoît Hamon en 2017, ou encore le philosophe Abdennour Bidar.

Un processus en trois étapes

2022 ou jamais entend désigner son candidat à l’issue de trois phases. La première, de mars au début de l’été,  sera “l’écriture d’un socle programmatique commun”. Viendra ensuite en septembre un “parrainage populaire” où tout citoyen pourra nommer une personnalité qu’il souhaite voir concourir. Enfin un tour unique à jugement majoritaire, ouvert à tout citoyen : en novembre, chacun pourra donner une note aux dix finalistes retenus. Une ultime étape pendant laquelle les partis de gauche, du Parti socialiste à La France Insoumise en passant par le Parti communiste, Europe Ecologie les Verts ou Générations, “devront se positionner” selon Samuel Grzybowksi.

Pour le moment, aucun parti n’a officiellement retenu le processus de 2022 ou jamais pour désigner son candidat. “On sent un intérêt sincère de leur part : on fait partie des facteurs à prendre en compte”, affirme pour autant le fondateur de La Rencontre des Justices, et ce notamment quand viendra la troisième phase.

Les derniers scénarii imaginés par Ipsos-Sopra Steria pour L’Obs et France Info, le 3 février dernier, donnent la gauche troisième dans le meilleur des cas au premier tour. Elle serait créditée de 17% si elle est rassemblée derrière l’eurodéputé Europe Ecologie Les Verts Yannick Jadot — excepté LFI avec comme tête de file Jean-Luc Mélenchon —, et de 16% derrière la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo. En revanche, si la gauche est divisée en quatre candidatures, le score se voudrait lui aussi fragmenté. Jean-Luc Mélenchon serait quatrième avec 9% des voix, Anne Hidalgo troisième avec 8%, Yannick Jadot septième avec 7%, suivi d’Arnaud Montebourg avec 4%. Viendrait enfin un candidat d’extrême gauche, avec 2% des suffrages. De quoi étayer la thèse de 2022 ou jamais.