Ouvertes ou fermées : quelles règles pour les écoles dans le monde ?

Cour de récréation de l'école parisienne Asseline - Marc Verhille.

 

 

 

 

 

Alors que le protocole sanitaire dans les établissements scolaires français a été allégé ce matin, la France demeure un des pays au monde les plus réticents à l’idée de fermer ses écoles. Et ce, malgré la menace des nouveaux variants. Les gouvernements internationaux adoptent chacun des stratégies différentes, aux conséquences plus ou moins graves pour les enfants.

À ce jour, trente pays dans le monde sont encore concernés par une fermeture partielle ou totale de leurs établissements scolaires, contre 190 au plus fort de la crise en avril 2020. Jusqu’alors, la France, la Norvège, la Finlande, la Croatie, l’Islande, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la Nouvelle-Zélande sont les seuls pays à avoir fermé leurs établissements scolaires entre une et dix semaines en moyenne. À l’inverse, aux États-Unis, la moitié des quelque 55 millions d’élèves n’ont toujours pas remis les pieds en classe depuis le printemps 2020.

Si la majorité des gouvernements œuvrent pour la réouverture des écoles, chaque pays arbitre entre sécurité sanitaire et continuité de l’éducation. Un dilemme cornélien pour les dirigeants internationaux, qui font face au risque de décrochage massif de la « génération Covid ».

Carte durée de fermeture école dans le monde par l'UNESCO
Durée des fermetures complètes ou partielles d’écoles dans le monde, par l’UNESCO

Le cas critique de L’Amérique Latine

Parmi les régions les plus touchées par la fermeture des écoles, collèges et lycées, les cas de l’Amérique Latine et des Caraïbes inquiètent les organisations internationales. Dans certains pays, comme au Brésil, en République Dominicaine, au Salvador, Mexique, Panama ou au Venezuela, les élèves n’ont jamais repris le chemin de l’école depuis le premier jour de leur fermeture. En novembre, l’UNICEF alarmait sur l’état de l’éducation en Amérique Latine, aggravé par la crise du Covid-19. Selon le rapport, les enfants avaient déjà perdu en moyenne quatre fois plus de jours de scolarité (174) par rapport au reste du monde. Là-bas, le taux d’enfants ne recevant pas d’éducation est passé de 4 % à 18 % au cours des derniers mois.

Des effets redoutables sur le long-terme

À l’occasion de la journée mondiale de l’éducation, Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO, a souligné que « les fermetures prolongées et répétées des établissements scolaires auront un impact d’autant plus important sur les populations défavorisées ». Et d’affirmer : « les fermetures complètes d’écoles doivent donc être un dernier recours et leur réouverture en toute sécurité, une priorité ».

Une idée reprise par nombre de représentants du corps enseignant. Comme Isabelle Frisone, professeure dans une école primaire (REP) de l’Essonne, qui soutient le maintien de l’ouverture des écoles, mais déplore le manque de communication gouvernementale à l’égard des derniers ajustements du protocole sanitaire. « À distance, les inégalités liées à la fracture numérique et au milieu social des parents sont encore plus visibles. Elles creusent le fossé entre les élèves », affirme l’enseignante, également formatrice de jeunes professeurs.

D’après un rapport du Centre de recherche sur les politiques économiques (CEPR), la durée de la crise serait particulièrement néfaste pour les jeunes élèves. Interdire l’accès aux écoles pendant plus d’un an doublerait les effets négatifs sur le bien-être des enfants, par rapport à six mois de fermeture. Plus la crise dure, plus les pertes associées à la déscolarisation sont difficiles à compenser.

Selon Mélissa Canat, chargée de communication de la Mission Laïque Française, « tout est mis en œuvre pour permettre la continuité de l’éducation dans le monde et pour que le corps enseignant fasse preuve d’innovation ». Elle souligne notamment le cas particulier du Liban, touché par une crise sanitaire, politique et économique majeure, dont les élèves sont les premiers à pâtir.