La ministre du Travail, Elisabeth Borne

Covid-19 : l’aide de 900 euros pour les travailleurs précaires prolongée

Elisabeth Borne, ministre du travail. Photo Jacques Pagier.

 

L’aide exceptionnelle allant jusqu’à 900 euros mensuel destinée aux travailleurs précaires va être prolongée pour trois mois, a annoncé ce matin la ministre du Travail, Élisabeth Borne. 

Ils sont aujourd’hui 400 000 travailleurs précaires à en bénéficier, mais d’ici mai, la violence de la crise économique devrait pousser 100 000 autres à y prétendre. L’aide exceptionnelle allant jusqu’à 900 euros va être prolongée pour trois mois, a annoncé ce matin la ministre du Travail, Elisabeth Borne, dans un communiqué adressé à l’AFP. 

Annoncée le 26 novembre par le gouvernement, cette aide est notamment destinée aux saisonniers, intérimaires et travailleurs de l’événementiel ou du spectacle. Elle devait initialement s’étendre pour une durée de quatre mois, jusqu’à février inclus. L’aide permet de garantir un revenu minimum de 900 euros par mois à toutes celles et ceux qui ont travaillé au moins 138 jours en 2019 (60% du temps de travail annuel), mais qui n’ont pas pu travailler suffisamment en 2020 pour recharger leurs droits à l’assurance-chômage du fait de la crise sanitaire. 

500 000 travailleurs concernés

“Compte tenu des incertitudes liées à l’évolution de la situation sanitaire et des difficultés actuelles du marché du travail, j’ai souhaité que cette aide soit prolongée jusqu’à l’été pour protéger les travailleurs précaires. Celles et ceux qui travaillaient beaucoup en 2019 mais enchaînaient des contrats courts ont été fortement pénalisés avec la crise”, a expliqué Élisabeth Borne à l’AFP.

Le 15 décembre et le 19 janvier derniers, la CGT Spectacle appelait déjà le gouvernement, dans la rue, à respecter “la garantie de tous les droits sociaux, pour toutes celles et tous ceux qui sont concernés par la fermeture des lieux culturels”. Le syndicat exigeait alors des mesures “pour aider les professionnels oubliés par l’assurance chômage, notamment les jeunes, qui ont été sacrifiés depuis le début de la crise sanitaire au printemps 2020″.

Parmi les 400 000 bénéficiaires de novembre, ils sont 165 000 jeunes de moins de 30 ans selon le ministère. Le dispositif se veut “incitatif” en cas de reprise d’emploi. Dans ce cas, le revenu issu de la reprise d’emploi ne sera comptabilisé qu’à hauteur de 40 % pour calculer la prime, avait annoncé le gouvernement fin novembre. 

Les premiers versements de l’aide ont été effectués le 5 février au titre des mois de novembre et décembre et Pôle emploi a également adressé un courrier à plus de 100 000 bénéficiaires potentiels qui doivent encore fournir des documents complémentaires pour la percevoir. L’aide au titre de janvier sera versée entre le 21 et le 24 février ; celle de février, à la fin mars. Le dernier versement, au titre du mois de mai, aura donc lieu en juin.

À terme, les versements aux plus de 500 000 travailleurs concernés devraient représenter un effort budgétaire d’un milliard d’euros supplémentaire, a précisé le ministère du Travail.