Covid-19 : l’OMS homologue d’urgence le vaccin d’AstraZeneca pour les pays pauvres

Dimitri Houtteman

L’annonce ouvre la voie à la distribution de centaines de millions de doses à des pays défavorisés, privés jusque-là d'immunisation

Alors que la campagne de vaccination au sérum d’AstraZeneca connaît un coup d’arrêt sur le territoire français en raison de nombreux effets secondaires, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a autorisé ce lundi son utilisation en urgence pour les pays pauvres, afin de lutter contre le Covid-19.

“Nous avons désormais tous les éléments en place pour une distribution rapide des vaccins”, a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. Cette procédure d’urgence intervient une semaine après les recommandations préliminaires d’un panel d’experts. Parmi celles-ci, l’administration de deux doses du vaccin avec un intervalle de 8 à 12 semaines, et son utilisation pour les adultes dans tous les pays, y compris ceux touchés par le variant sud-africain du coronavirus.

Limiter la mortalité 

Le vaccin, développé par l’Université d’Oxford (Royaume-Uni), a été salué pour son faible coût et sa distribution simplifiée par rapport à certains de ses concurrents (Pfizer ou BioNtech). Son homologation permet au dispositif Covax, mis en place par l’OMS pour assurer un accès équitable au vaccin, d’en commencer la distribution dans les pays qui n’ont pas les moyens de déterminer eux-mêmes l’efficacité ou l’innocuité d’un médicament.

Pour l’OMS et ses experts, ce vaccin, qui représente la grande majorité des 337 millions de doses de vaccins du dispositif Covax, fait parfaitement l’affaire pour la priorité du moment : limiter la gravité et la mortalité d’une pandémie qui a coûté la vie à 2,4 millions de personnes en un peu plus d’un an.